N° 237
du 15/10/2001

Niger


Volée de bois vert
de l'opposition à l'égard du pouvoir

Plusieurs milliers de militants de l'opposition ont manifesté le 13 octobre à Niamey pour dénoncer "le bilan négatif" de deux ans de gestion du Niger, a déclaré, lors d'un rassemblement devant le Parlement, Mahamadou Issoufou, président de la Coordination des forces démocratiques (CFD), une coalition de 12 partis opposés au régime du président Mamadou Tandja, élu en novembre 1999.
Ce rassemblement marque le rentrée politique de la CFD qui, en 2000, a institué des Mouvements d'actions citoyennes (MAC) pour "consolider" les institutions démocratiques.
La gestion est "pire" que celle de l'année dernière a insisté M. Issoufou, qui a relevé que les violations de la Constitution, la corruption, l'affairisme et la mauvaise gestion des ressources humaines se sont "amplifiées" en 2001. M. Issoufou, également président du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS), a dénoncé "la gestion prédatrice massive des affaires publiques" et "félicité" l'Union européenne pour sa "vigilance" dans le contrôle de l'utilisation de son aide budgétaire au Niger. Il a invité le FMI et la Banque mondiale à "prendre exemple" sur l'UE.
Sur le plan politique, la CFD exige la reprise du fichier électoral et l'institution de cartes d'identités infalsifiables dans la perspective des élections locales prévue en 2002.
De plus, M. Issoufou s'est élevé contre la censure dans les médias d'Etat, et contre la persistance des écoutes téléphoniques dont sont victimes les opposants.
Il a également demandé la libération d'une dizaine d'étudiants incarcérés depuis les violentes manifestations de février dernier, au cours desquelles un gendarme avait été tué, suggérant aux dirigeants de "se soucier" davantage des problèmes de l'éducation du Niger, dont le taux de scolarisation est inférieur à 35%.


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