N° 251
du 18/06/2002

Niger


Placé en garde à vue, l’opposant politique,
Sanoussi Jackou obtient un non-lieu au tribunal

Le président du Parti nigérien pour l’autogestion (PNA, opposition), M. Sanoussi Jackou, a été placé le 18 mai en garde à vue à la police judiciaire de Niamey. Il était poursuivi avec deux directeurs de publications et un autre militant d’opposition pour “diffamation” dans une série d’articles dans son journal (la “Roue de l’histoire”) contre l’actuel ministre du Commerce, Seïni Oumarou, et pour “incitation à la haine ethnique” pour des propos tenus lors d’un débat radiodiffusé.
M. Jackou avait déjà été brièvement interpellé à la suite d’un débat sur une radio privée locale au cours duquel il avait accusé le Premier ministre nigérien Hama Amadou d’encourager “l’ethnocentrisme et le régionalisme” dans la nomination des fonctionnaires d’Etat.
Les députés de l’opposition ont suspendu le 24 mai pour 24 heures leur participation à la session budgétaire de l’Assemblée nationale pour protester contre son incarcération. Le 26 mai, près de 2.000 personnes ont manifesté à Niamey pour “exiger” sa libération.
De son côté, la présidente du collectif des plus importantes organisations locales de défense des droits de l’Homme, Amina Balla Kalto, a dénoncé “les graves violations constitutionnelles”, “le sacre de l’impunité” et “la descente vers un Etat totalitaire au Niger”. Elle rappelé que trois étudiants sont emprisonnés depuis plus d’un an, sans jugement, et la condamnation récente du président d’une association des droits de l’Homme, Morou Amadou, à 10 mois de prison ferme pour outrage à magistrat. Toute cette agitation s’est terminée par un non-lieu devant le tribunal de Niamey.


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