N° 254
du 02/09/2002

Niger


Les dix jours de la mutinerie

Voici la chronologie de la mutinerie
dans le sud-est du pays et du soulèvement dans la capitale:

- 30 juillet
: Début d’une mutinerie d’hommes du rang dans les garnisons de N’Gourti, N’Guimi et Diffa (sud-est), qui arrêtent plusieurs hauts responsables civils et militaires.
- 31 juillet : Les mutins prennent en otage le préfet de la région de Diffa et réclament une augmentation de salaires et une “amélioration” de leurs conditions de vie.
Le gouvernement qualifie ces actes de “véritable rébellion”, affirmant que les exigences des mutins “sont à l’évidence d’ordre politique”.
- 1er août : Les mutins affirment qu’ils riposteront en cas d’attaque et qu’ils sont “prêts à mourir”. Ils démentent avoir exigé la “révocation” du chef d’état-major, comme l’avait affirmé le ministre de la Défense, mais maintiennent leur exigence sur la venue du Premier ministre Hama Amadou à N’Gourti. Des renforts militaires quittent Niamey pour Diffa.
- 2 août : Coups de feu sporadiques à Diffa, où les mutins ont renforcé leurs patrouilles à bord de véhicules équipés d’armes lourdes et imposé un couvre-feu.
Les mutins réclament une “amnistie générale” et la mutation de leurs supérieurs hiérarchiques.
- 3 août : Les forces gouvernementales dépêchées dans la région reprennent le contrôle de Diffa, après des combats à l’arme lourde.
Les mutins se replient avec leurs otages dans les garnisons de N’Guigmi et N’Gourti.
- 4 août : Arrestation à Niamey d’un quatrième officier de l’armée, soupçonné d’être lié à la mutinerie.
Les mutins relâchent les personnalités civiles, dont le préfet de la région de Diffa.
- 5 août : Dans la capitale, Niamey, des militaires tentent dans la nuit de prendre le contrôle de trois casernes: première insurrection militaire depuis l’arrivée au pouvoir du président Mamadou Tandja, il y a deux ans. Des rafales d’armes automatiques retentissent aux environs de la présidence, mais le calme revient en début de matinée. Le gouvernement annonce que la “plupart” des militaires “compromis” sont arrêtés et que “quelques-uns en fuite” sont activement recherchés.
Le ministre de la Défense assure qu’il “n’y a aucun lien” entre la mutinerie dans le sud-est et le mouvement d’insurrection dans la capitale.
- 6 août : Le président Tandja lance un “appel pressant” aux soldats insurgés à Niamey et dans le sud-est à regagner “sans plus tarder” leurs casernes.
Les troupes gouvernementales reprennent le contrôle de la garnison de N’Guigmi, libérant les responsables militaires retenus prisonniers par les mutins.
- 7 août : Les soldats gouvernementaux poursuivent leur progression vers la garnison de N’Gourti, plus au nord, où les derniers mutins ont trouvé refuge après la prise de N’Guigmi.
Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, se déclare “très inquiet” de la vague de violences au Niger et “condamne fermement toute tentative de s’emparer du pouvoir par la force ou d’utiliser la violence pour exprimer ses doléances”.
Les partis au pouvoir au Niger demandent l’instauration d’une cour martiale pour juger les soldats insurgés à Diffa et dans la capitale.
- 9 août : la police nigériane est placée en état d’alerte afin d’empêcher des soldats mutinés dans la région de Diffa de se réfugier au Nigeria voisin. Le ministère de la Défense annonce la prise “sans résistance” de la garnison de N’Gourti et l’arrestation des mutins qui y sont retranchés. Le gouvernement annonce officiellement la fin de la mutinerie dans le pays.


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