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Alors que la Coordination des forces démocratiques (CFD, coalition de 11 partis dopposition) a estimé que le gouvernement nigérien était le seul responsable de la mutinerie qui a sévi durant dix jours, début août, dans le sud-est du pays, le Premier ministre nigérien, Hama Amadou, a estimé lui que cette mutinerie nétait que la partie visible de liceberg, une sorte de diversion tactique destinée à détourner notre attention (...) alors quà Niamey quelque chose se tramait, a-t-il dit.
Tout en se refusant à toute conclusion pour ne pas gêner lenquête en cours, le Premier ministre a néanmoins relevé la coïncidence entre la mutinerie et la tentative dinsurrection dun groupe de militaires dans trois garnisons de Niamey opérée quelques jours après le début de la mutinerie.
Selon M. Amadou, les insurgés de la capitale avaient prévu de semparer de pièces dartillerie lourde pour libérer les quatre officiers arrêtés après le début de la mutinerie et leur confier la direction des opérations.
Si nous navions pas pris des mesures, nous serions peut-être en train de condamner un coup dEtat, a-t-il estimé.
M. Amadou a imputé cette tentative de déstabilisation du régime à des esprits malintentionnés, qui jouent sur le registre de la division de larmée en vue de linstrumentaliser et de la ramener sur la scène politique.
Le Niger a connu deux coups dEtat en 1996 et 1999.
Les partis politiques au pouvoir ont déjà dénoncé une tentative de coup dEtat et réclamé la cour martiale pour juger les mutins, provoquant une vive réaction dans la société civile, qui parle de retour de la dictature.
Le Premier ministre a écarté léventualité dune cour martiale et expliqué quun comité a été chargé délaborer des textes juridiques militaires calqués sur ceux des Etats africains et de la France. Les coupables seront jugés conformément à ces textes qui seront dabord adoptés par lAssemblée nationale avant leur application, a-t-il assuré.
Fin août, 268 militaires ont été arrêtés pour leur implication présumée dans ces mouvements de protestation.
Le président de la LNDDH inculpé de "diffusion de fausses nouvelles
Conséquence indirecte de cette mutinerie, le président de la Ligue nigérienne de défense des droits de lHomme (LNDDH), Bagnou Bonkoukou, a été inculpé pour diffusion de fausses nouvelles et placé sous mandat de dépôt. M. Bonkoukou a été incarcéré à la prison civile de Niamey, après avoir passé deux jours en garde à vue à la Police judiciaire (PJ).
Il a été interpellé trois jours après la publication dun communiqué de la LNDDH faisant état de nombreux civils et militaires tués lors des combats entre des soldats mutins et larmée loyaliste.
Selon un bilan du ministère de la Défense, ces combats nont fait que deux morts, tous militaires - un sergent et un soldat - et parmi les civils, un enfant habitant à Diffa (sud-est) a été blessé par une balle perdue. La LNDDH, qui de son côté na pas fourni de bilan chiffré, a demandé au président nigérien, Mamadou Tandja, de permettre à la Fédération internationale des droits de lhomme (FIDH) denquêter à Diffa pour faire la lumière sur ces graves événements.
Me Amina Balla Kalto, présidente du Collectif dorganisations de défense des droits de lHomme (CODDH), a aussi été interpellée à deux reprises par la police qui lui a demandé de tempérer ses déclarations à propos de la mutinerie.
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