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Crise au sommet de lEtat
Le président et le vice-président de la Cour constitutionnelle démissionnent
face au refus du gouvernement de se plier à un arrêt de la Cour
Un conseil des ministres extraordinaire du gouvernement a abrogé le 13 septembre deux décrets présidentiels publiés fin août pour faire face à la mutinerie dans la région de Diffa (sud-est).
Cette abrogation lève ainsi la mise en garde imposée depuis le 31 août dans la zone de Diffa et linterdiction faite à la presse de diffuser toute information relative au règlement militaire de la mutinerie.
Avant den arriver là et de faire montre de sérénité, le gouvernement et le président de la République avaient refusé de plier léchine face à un arrêt de la cour constitutionnelle, arrêt jugeant non conformes à la constitution ces deux décrets.
Convoqués par le président Mamadou Tandja et son Premier ministre, Hama Hamadou, pour sexpliquer sur cet arrêt, Sani Koutoubi et Lawan Ari Gremah, le président et le vice-président de la Cour constitutionnelle du Niger, avaient préféré donner leur démission plutôt que de se déjuger.
Le pouvoir exécutif leur reprochait entre autre le fait que le quorum des juges requis pour que la Cour puisse statuer nétait pas atteint lorsque la Cour a rendu son arrêt.
Saisie par des députés dopposition, la Cour avait estimé le 6 septembre que les décisions présidentielles (les deux décrets) contrevenaient à larticle 53 de la constitution selon lequel le chef de lEtat ne peut décréter des mesures exceptionnelles quaprès consultation du Premier ministre, des présidents de lAssemblée nationale, de la Cour constitutionnelle et de la Cour suprême.
Il doit aussi en informer la nation par un message et lAssemblée nationale se réunit de plein droit pour apprécier à la majorité absolue de ses membres la durée des pouvoirs exceptionnels et y met fin en cas dabus.
Le gouvernement a également mis en cause la validité de larrêt de la Cour car seuls quatre au lieu de cinq légalement sur les sept membres de la Cour ont délibéré.
La société civile, la presse et lopposition avaient vigoureusement dénoncé les deux décrets présidentiels et redouté quils ne servent de prétexte au régime pour régler des comptes avec ses adversaires.
Un an de prison requis contre le président de la Ligue des droits de lHomme
Le ministère public a requis le 5 septembre un an de prison ferme contre Bagnou Bonkoukou, président de la Ligue nigérienne des droits de lhomme (LNDDH), jugé à Niamey pour diffusion de fausses nouvelles à la suite des mouvements de mutinerie dans la région de Diffa. Laccusation a également demandé une amende de 100.000 F CFA (152 euros).
Le verdict sera prononcé le 19 septembre, selon son avocat, Me Maïnassara Oumarou, qui a plaidé le bénéfice du doute.
M. Bonkoukou est écroué pour avoir demandé louverture dune enquête par la Fédération internationale des droits de lhomme (FIDH) sur de nombreux civils et militaires tués dans les combats entre les mutins de Diffa et les troupes loyalistes envoyées de Niamey pour rétablir lordre.
Selon le gouvernement, les affrontements ont fait un mort dans chaque camp.
Libération dun journaliste
Boulama Ligari, journaliste de la radio privée Anfani arrêté le 26 août à Diffa, a été libéré le 30 du même mois. La gendarmerie de Diffa lui reprochait la diffusion de fausses nouvelles dans ses reportages sur la mutinerie. On ma fait comprendre que le dossier est vide et je suis libre de mes mouvements, a déclaré le journaliste à sa sortie de détention.
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