Avril 1996
Les travaux de ce forum se sont tenus au Palais des Congrès
de Niamey, où l'ancien président Mahamane Ousmane avait
été arrêté le 27 janvier dernier, lors du
coup d'Etat qui avait porté l'armée au pouvoir.
Six cents délégués, tous désignés
par la junte - chefs traditionnels et religieux, juristes,
représentants d'organisations non gouvernementales, notamment
- ont passer au peigne fin pendant une semaine les deux propositions
de Constitution, l'une de type présidentiel, l'autre
semi-présidentiel.
En annonçant ce Forum, le colonel Maïnassara avait averti
qu'il "ne voulait pas d'une conférence nationale bis".
La junte a donc confiné la mission des participants
à la formulation de propositions et à l'amendement des
différents textes qui leur ont été soumis. Aucun
participant n'a pu intervenir au nom d'une corporation politique ou
syndicale.
La veille de l'ouverture du forum, le colonel Maïnassara a par
ailleurs jugé utile de rencontrer les responsables de la
presse nationale, les mettant en garde contre "le journalisme
alimentaire" et "la chasse aux prébendes" au
détriment de la déontologie professionnelle.
Et pour mieux être compris, à l'ouverture des travaux
devant les 600 délégués, le colonel
Maïnassara avertissait que "les agitateurs de tout bord et de
tout acabit, les pêcheurs en eau trouble, les pyromanes et
autres fossoyeurs de la démocratie" que la junte "ne
saurait tolérer le désordre".