Étonnamment, les réactions "hors continent" ont été plus modérées que les réactions africaines, les chefs d'Etat en place n'aimant guère voir resurgir le spectre des coup d'Etat. Encore plus surprenants sont ceux qui, comme Boutros Boutros-Ghali ou Federico Mayor, avaient cru déceler dans le régime du général Baré une avancée démocratique.
L'OUA
Le secrétaire général
de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA), Salim Ahmed Salim, a
"clairement"
condamné "l'assassinat
brutal" du président Ibrahim
Baré Maïnassara. M. Salim s'est déclaré
"attristé et horrifié par cet
acte lâche", en soulignant
être "extrêmement en
désarroi face à la situation d'incertitude
prévalant actuellement au Niger".
UNESCO
Le directeur général de
l'UNESCO, Federico
Mayor, a exprimé sa "profonde émotion" et
"condamné le recours à la
violence et à l'effusion de sang, particulièrement
quand le Niger s'orientait vers des élections
démocratiques".
Libye
La Libye a décrété un
deuil officiel de deux jours à la suite du décès
du président nigérien. Le colonel Kadhafi avait
déclaré "suivre avec
inquiétude les nouvelles en provenance du Niger, membre de la
Communauté des Etats sahélo-sahariens (COMESSA)".
CEDEAO
Le secrétaire exécutif de la
Communauté économique des Etats de l'Afrique de
l'ouest, Lansana
Kouyate, a demandé une enquête
sur les circonstances de cette mort et lancé "un appel à l'unité de tous les hommes
politiques, à l'armée et à la
société civile nigériennes afin d'éviter
de tomber dans une spirale de violence qui serait
préjudiciable à tous".
BURKINA FASO
Le président
Blaise Compaoré a appelé les
Nigériens à "¦uvrer dans le
sens d'une réconciliation nationale pour la sauvegarde de la
paix au Niger", ajoutant avoir
"suivi avec inquiétude les
événements au Niger qui ont abouti à des morts
violentes, dont celle du président démocratiquement
élu, Ibrahim Baré Maïnassara".
Côte d'ivoire
Le ministère ivoirien des Affaires
étrangères a "condamné
avec la dernière énergie le lâche assassinat"
du président Baré
Maïnassara, dénonçant un "assassinat planifié et exécuté avec
cynisme qui n'honore ni ses auteurs ni notre
Continent". La Côte d'Ivoire
"espère que tous les responsables
politiques (du Niger) sauront dans un sursaut patriotique dépasser leurs
divergences politiques pour s'atteler à asseoir les fondations
d'une démocratie apaisée dans leur
pays", a-t-il
ajouté.
Le ministère poursuit:
"En attendant tous les
éclaircissements promis par les autorité
nigériennes, la Côte d'Ivoire ne saurait cautionner ni a
fortiori tolérer l'assassinat comme moyen de règlement
des différends politiques".
ETATS-UNIS
Les Etats-Unis se sont
déclarés "préoccupés".
"Il s'agit d'une situation grave que nous
suivons de près", a
déclaré un porte-parole de la Maison Blanche, David
Leavy.
NIGERIA
"Les coups
d'Etat militaires sont passés de mode dans le monde entier et le coup perpétré dans la
République du Niger est regrettable et constitue un pas en
arrière pour la démocratie et pour la population du
Niger", a déclaré le président élu du
Nigeria Olusegun
Obasanjo.
Le dirigeant militaire
sortant du Nigeria, le général
Abdulsalami Abubakar, a estimé qu'il s'agissait d'un "triste"
événement. "Nous condamnons
ce meurtre", a-t-il déclaré,
appelant les Nigériens à
"essayer de ne pas placer la région dans une situation
d'instabilité".
TCHAD
Le gouvernement a condamné
"avec vigueur" l'assassinat du président Baré et s'est dit
"profondément
troublé" par cet acte
"qui porte atteinte à
l'expérience démocratique à laquelle le chef de
l'Etat nigérien attachait beaucoup de prix".
FRANCE
Paris a condamné "l'attentat" contre le
président et appelé "les
différentes composantes de la société
nigérienne à trouver dans le calme une issue pacifique
et constitutionnelle à la crise".