Les premières réactions internationales au coup d'Etat du 9 avril 1999, perpétré par la garde présidentielle au Niger

 

Étonnamment, les réactions "hors continent" ont été plus modérées que les réactions africaines, les chefs d'Etat en place n'aimant guère voir resurgir le spectre des coup d'Etat. Encore plus surprenants sont ceux qui, comme Boutros Boutros-Ghali ou Federico Mayor, avaient cru déceler dans le régime du général Baré une avancée démocratique.

L'OUA
Le secrétaire général de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA), Salim Ahmed Salim, a "clairement" condamné "l'assassinat brutal" du président Ibrahim Baré Maïnassara. M. Salim s'est déclaré "attristé et horrifié par cet acte lâche", en soulignant être "extrêmement en désarroi face à la situation d'incertitude prévalant actuellement au Niger".

UNESCO
Le directeur général de l'UNESCO, Federico Mayor, a exprimé sa "profonde émotion" et "condamné le recours à la violence et à l'effusion de sang, particulièrement quand le Niger s'orientait vers des élections démocratiques".

Libye
La Libye a décrété un deuil officiel de deux jours à la suite du décès du président nigérien. Le colonel Kadhafi avait déclaré "suivre avec inquiétude les nouvelles en provenance du Niger, membre de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (COMESSA)".

CEDEAO
Le secrétaire exécutif de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest, Lansana Kouyate, a demandé une enquête sur les circonstances de cette mort et lancé "un appel à l'unité de tous les hommes politiques, à l'armée et à la société civile nigériennes afin d'éviter de tomber dans une spirale de violence qui serait préjudiciable à tous".

BURKINA FASO
Le président Blaise Compaoré a appelé les Nigériens à "¦uvrer dans le sens d'une réconciliation nationale pour la sauvegarde de la paix au Niger", ajoutant avoir "suivi avec inquiétude les événements au Niger qui ont abouti à des morts violentes, dont celle du président démocratiquement élu, Ibrahim Baré Maïnassara".

Côte d'ivoire
Le ministère ivoirien des Affaires étrangères a "condamné avec la dernière énergie le lâche assassinat" du président Baré Maïnassara, dénonçant un "assassinat planifié et exécuté avec cynisme qui n'honore ni ses auteurs ni notre Continent". La Côte d'Ivoire "espère que tous les responsables politiques (du Niger) sauront dans un sursaut patriotique dépasser leurs divergences politiques pour s'atteler à asseoir les fondations d'une démocratie apaisée dans leur pays", a-t-il ajouté.
Le ministère poursuit: "En attendant tous les éclaircissements promis par les autorité nigériennes, la Côte d'Ivoire ne saurait cautionner ni a fortiori tolérer l'assassinat comme moyen de règlement des différends politiques".

ETATS-UNIS
Les Etats-Unis se sont déclarés "préoccupés". "Il s'agit d'une situation grave que nous suivons de près", a déclaré un porte-parole de la Maison Blanche, David Leavy.

NIGERIA
"Les coups d'Etat militaires sont passés de mode dans le monde entier et le coup perpétré dans la République du Niger est regrettable et constitue un pas en arrière pour la démocratie et pour la population du Niger", a déclaré le président élu du Nigeria Olusegun Obasanjo.
Le dirigeant militaire sortant du Nigeria, le général Abdulsalami Abubakar, a estimé qu'il s'agissait d'un "triste" événement. "Nous condamnons ce meurtre", a-t-il déclaré, appelant les Nigériens à "essayer de ne pas placer la région dans une situation d'instabilité".

TCHAD
Le gouvernement a condamné "avec vigueur" l'assassinat du président Baré et s'est dit "profondément troublé" par cet acte "qui porte atteinte à l'expérience démocratique à laquelle le chef de l'Etat nigérien attachait beaucoup de prix".

FRANCE
Paris a condamné "l'attentat" contre le président et appelé "les différentes composantes de la société nigérienne à trouver dans le calme une issue pacifique et constitutionnelle à la crise".

 

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