(janvier 1997)
L'opposition au régime du général Ibrahim Baré Maïnassara, que l'on croyait abasourdie depuis les élections législatives de novembre dernier a repris l'initiative en organisant une manifestation le samedi 11 janvier 1997 dans l'ensemble du pays, pour réclamer "le droit à l'accès libre aux médias d'Etat". Les autorités, qui avaient interdit cette manifestation malgré une décision de justice favorable, avait mis en place un important dispositif de sécurité notamment dans la capitale Niamey, où les forces anti-émeutes ont affronté pendant plusieurs heures les manifestants, qui ont été dispersés à coups de matraques et de grenades lacrymogènes. Des barricades à l'aide de pneus enflammés ont été érigées à plusieurs carrefours dans certains quartiers de la capitale.
Le bilan est particulièrement lourd:
58 arrestations parmi lesquelles des personnalités d'envergure,
plusieurs blessés dont une personne dans un état grave.
L'ancien président Mahamane Ousmane, l'ancien
président de l'Assemblée nationale Mahamadou
Issoufou et M. Mamadou Tandja, président du
Mouvement national pour la société de
développement, ont été placées en
résidence surveillée à Niamey.
Dès le lendemain, le gouvernement a annoncé l'ouverture
d'une enquête pour juger les responsables de ce que le pouvoir
estime être un "plan de déstabilisation du pays".
Mais le régime n'est pas au bout de ses peines: le Front pour la restauration et la défense de la démocratie (FRDD), a annoncé d'autres manifestations pour les semaines à venir, avec sans doute un point d'orgue pour le premier anniversaire du coup d'Etat du général Ibrahim Baré Maïnassara, à savoir le 27 janvier. Le puissant syndicat enseignant a annoncé pour sa part une grève pour les 22 et 23 janvier. Enfin, l'armée elle-même n'est pas à l'abri de certains remous. Au moins deux officiers sont actuellement aux arrêts de rigueur et devraient prochainement passés en conseil de discipline.