Un groupe d'officiers dirigé par le commandant Wanké a mis en place un Conseil de réconciliation nationale pour diriger le pays pendant une période de transition de neuf mois, avant le retour à une régime civil
Le président nigérien Ibrahim
Baré Maïnassara a été tué lors d'un
coup d'Etat perpétré vendredi 9 avril au matin, par des
éléments de la garde présidentielle.
Outre le président Baré, trois autres personnes ont
trouvé la mort sur la base aérienne de Niamey où
a eu lieu l'assassinat du président.
Ce coup d'Etat semble motivé par un profond
désaccord entre le général Baré
Maïnassara et le patron de sa garde présidentielle, le
commandant Daouda Mallam Wanké sur la façon de
gérer le pays et notamment sur les conséquences
qu'auraient pu entraîner les incidents qui ont
émaillé les dernières élections
locales.
La veille du coup d'Etat, l'opposition avait
annoncé une série de manifestations pour demander la
démission pure et simple du président Baré.
L'opposition n'admettait pas qu'une nouvelle fois des
résultats électoraux en sa faveur soient
annulés. Le pays aurait pu basculer dans un cycle de violence,
et il est fort possible qu'une partie de la hiérarchie
militaire n'ait pas voulu jouer les agents de la répression.
Plus grave sans doute, ces élections ont
révélé qu'en trois ans d'exercice du pouvoir,
le général Baré était moins d'avoir
conquis la population. L'échec de son parti,
créé de toutes pièces pour les élections
législatives de 1996, venait de démontrer qu'il n'avait
en rien changé la donne politique dans le pays. Les militaires
qui ont perpétré ce coup d'Etat faisaient,
déjà parti, pour certains, de celui de 1996.
Ils ont assuré de remettre le pouvoir à
un président civil élu, en janvier 2000, dans neuf
mois. D'ici-là, il leur faudra organiser un
référendum constitutionnel et des élections
législatives et présidentielle.
L'opposition a accueilli avec modération ce
renversement de pouvoir, bien que des contacts au plus haut niveau
aient déjà eu lieu, entre les putschistes et les
principaux leaders politiques. Ils ont sans doute encore en
mémoire que le "colonel" Baré, quand il a pris le
pouvoir en janvier 1996, avait lui aussi promis de ne pas le
garder.
A l'époque, seul journal à avoir
condamné le coup de force des militaires, l'hebdomadaire
nigérien, le
Républicain, avait
titré :"Aidons-les à
partir".
Le Niger est classé par l'ONU parmi les pays
les plus pauvres du monde, les deux tiers de sa population vivant en
dessous du seuil de la pauvreté.