N° 238
du 31/10/2001

Nigeria


Un Etat persiste
à vouloir lapider à mort une femme enceinte

L'Etat de Sokoto, dans le nord-ouest du Nigeria, a réaffirmé le 25 octobre son intention d'exécuter par lapidation une femme enceinte, reconnue coupable d'adultère, faisant fi des appels à la clémence lancés par des organisations des droits de l'Homme et la France.
Safiya Tungar-Tudu, 30 ans, a été condamnée le 9 octobre par la Cour supérieure de la Charia de Gwadabawa, dans l'Etat de Sokoto, qui a instauré la loi islamique il y a un an. Elle avait plaidé coupable.
Le responsable de l'information de l'Etat, Attahiru Mai-Akwai Gwadabawa, a affirmé que cette décision de justice était "irréversible" car elle était basée sur le code juridique de l'Islam.
L'accusée dispose d'un mois pour faire appel de cette décision de justice. Si la sentence est confirmée, Safiya Tungar-Tudu va être enterrée dans un trou jusqu'au coup, et sa tête sera lapidée jusqu'à ce que mort s'en suive.
Aucune date n'a été fixée pour l'application de la sentence, qui doit encore être approuvée par le gouverneur de l'Etat.
Le mois dernier, dans l'Etat voisin de Kebbi, un homme a été condamné à une sentence similaire pour avoir sodomisé un enfant de sept ans. La sentence n'a pas encore été appliquée.
 
La commission nigériane des droits de l'Homme a décidé de mener une enquête sur le cas de cette femme et demandé une "suspension de l'exécution" de la sentence en attendant les résultats de son enquête.
Plusieurs associations de défense des droits de l'Homme ont condamné cette sentence, la qualifiant de "guerre déclarée à la constitution" de la République fédérale du Nigeria, et de violation des droits de l'accusée.
Le 18 octobre, la France a demandé aux autorités nigérianes de renoncer à l'exécution de la jeune femme.


Retour au sommaire NIGERIA

Retour Home