N° 239
du 20/11/2001

Nigéria


Le gouvernement s'oppose
à la condamnation à mort d'une femme pour adultère

Le gouvernement n'autorisera pas l'application de la condamnation à mort par lapidation pour adultère prononcée par un tribunal islamique du nord-ouest du pays à l'encontre d'une femme enceinte, a déclaré le 15 novembre le ministre nigérian de la justice Bola Ige.
Le mois dernier, la cour de Gwadabawa (Etat de Sokoto, nord-ouest) avait condamné à mort Safiya Tungar-Tudu, 33 ans, qui a reconnu avoir entretenu des relations sexuelles en dehors du mariage. La jeune femme, actuellement en fuite, a fait appel de ce jugement et la Cour d'appel de cet Etat se prononcera le 27 novembre.
Qualifiant cette sentence de "rude et primitive", le ministre a regretté l'influence de la Charia dans les affaires publiques d'une douzaine d'Etats du nord du pays.
Le gouvernement de l'Etat de Sokoto a souligné de son côté que seule la Cour d'appel pourrait décider du sort de la jeune femme. Si la condamnation est confirmée, la jeune femme doit être enterrée jusqu'au cou puis lapidée jusqu'à ce que mort s'ensuive. L'homme qui a été poursuivi avec elle pour adultère a finalement été relâché pour manque de preuves.
 
Par ailleurs, un tribunal islamique de Funtua dans l'Etat de Katsina (nord), a condamné à 100 coups de fouet une adolescente dénommée Rabiatu, après l'avoir jugée coupable de relations sexuelles avant le mariage. La jeune fille, qui est enceinte, a reconnu avoir eu des relations sexuelles avec un jeune homme de 24 ans. Rabiatu, enceinte de sept mois, subira sa peine en janvier, après avoir accouché. Le tribunal a également condamné le jeune homme à 100 coups de fouet et à un an de prison, pour avoir séduit la jeune femme en lui promettant de l'épouser.


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