N° 248
du 18/04/2002

Nigéria


Human Rights Watch accuse le gouvernement nigérian
d'être responsable du massacre de Tivs en 2001

Le gouvernement nigérian à son "plus haut niveau" porte la responsabilité du massacre d'octobre 2001 au cours duquel plus de 200 civils de l'ethnie Tiv ont été tués par des militaires dans le sud-est du pays, a estimé Human Rights Watch (HRW) dans un rapport.
Entre les 22 et 24 octobre 2001, dans les localités de Zaki-Biam, Gbeji, Anyii, Iorja, Vaase, Tseadoor et Sankara (Etat de Benue, sud-est), plus de 200 personnes ont été tuées lors d'opérations de représailles conduites par des centaines de soldats venus venger la mort de 19 de leurs collègues tués par des miliciens de l'ethnie Tiv le 11 octobre, écrit HRW dans son premier rapport global portant sur ce massacre.
Selon le rapport, qui contient des témoignages et photos des événements, les victimes du massacre ont été visées en raison de leur appartenance à l'ethnie des assassins des 19 militaires tués.
Le président Olusegun Obasanjo, commandant en chef des armées, et le ministre de la Défense Theophilus Danjuma ont semblé tous les deux soutenir le massacre et n'ont pris aucune mesure contre ses auteurs, ajoute le rapport.
Human Rights Watch estime également que ce massacre violait clairement les conventions des doits de l'homme signées par le Nigeria.
Lors de ses interventions publiques qui ont suivi l'incident, M. Obasanjo a semblé "défendre ces actions et chercher à les légitimer", selon le rapport.
Human Rights Watch est également très critique à l'égard de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis et des autres gouvernements étrangers qui étaient informés du massacre et ne l'ont pas officiellement condamné.
L'association a relevé que cet événement a eu lieu six semaines après les attaques du 11 septembre à New-York et a rappelé que le président Obasanjo s'était rendu aux Etats-Unis une semaine plus tard. Il y avait été accueilli comme un allié des Etats-Unis au sein de la coalition en lutte contre le terrorisme.
Des responsables de l'Etat de Benue avaient indiqué après les faits que les auteurs des massacres venaient de Taraba, Etat d'origine du ministre de la Défense Danjuma, qui a ensuite été accusé par la presse de Lagos d'avoir attisé le conflit.
Le président Obasanjo avait affirmé le 25 octobre 2001 que les soldats avaient été envoyés dans l'Etat de Benue pour mettre un terme aux violences opposant les deux communautés ethniques belligérantes - Tiv et Jukun - dans les Etats de Benue et Taraba.


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