Amina Lawal,
condamnée à la lapidation pour adultère, a été
acquittée en appel le 25/09 par la cour islamique de Katsina peu
avant l’annonce de la condamnation à la même peine
d’un homme accusé de «sodomie».
Le gouvernement de l’Etat de Katsina a annoncé avoir accepté
«en totalité» le verdict du tribunal islamique. Amina
Lawal avait été condamnée en mars 2002 pour adultère
aux termes de la Charia, après avoir donné naissance à
une petite fille alors qu’elle était divorcée.
Quelques instants à peine après l’énoncé
de l’acquittement d’Amina, des responsables de l’Etat
de Bauchi (nord) ont annoncé qu’un jeune homme de 20 ans
avait été condamné à la lapidation à
mort pour «sodomie».
Jibrin Babaji a été reconnu coupable d’avoir
couché avec trois garçons mineurs par un tribunal islamique,
selon un porte-parole de cette Cour, Bala Ahmed, qui a ajouté que
les trois garçons, dont il n’a pas dévoilé
l’âge, avaient reçu chacun 50 coups de canne après
avoir reconnu leur participation aux faits.
Babaji va faire appel de ce jugement.
Depuis la réintroduction de la Charia dans le
nord, une personne a été pendue pour meurtre et au moins
15 personnes ont été accusées d’adultère,
passible de la lapidation. Trois d’entre eux, outre Amina, ont
été acquittés en appel mais d’autres, notamment
un jeune couple non marié, attendent leur procès ou l’examen
de leur appel.
Plusieurs condamnations à l’amputation, à des coups
de fouets ou de canne ont également été prononcées
et certaines exécutées.
La décision de la Cour de Katsina va soulager le président
nigérian Olusegun Obasanjo, embarrassé par les
protestations internationales concernant Amina.
Le chef de l’Etat - chrétien - a toujours promis qu’aucune
lapidation ne serait exécutée, tout en refusant jusqu’ici
de contester la Charia devant la Cour suprême en dépit
des critiques sur son caractère inconstitutionnel, de crainte
de provoquer la colère des 60 millions de musulmans nigérians,
la moitié des habitants.
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