N° 285
du 06/01/2004

Nigéria


Un procès test
Trois anciens ministres inculpés de corruption par la Haute Cour

Trois ex-ministres et deux responsables gouvernementaux ont été inculpés de corruption le 30/12, à l’ouverture de leur procès devant la Haute Cour d’Abuja, pour avoir touché des pots-de-vins dans le cadre de l’attribution d’un contrat à la société française Sagem.
Deux anciens ministres de l’Intérieur, Sunday Afolabi et Deux anciens ministres de l’Intérieur Sunday Afolabi et Mahmud Shatta Shatta et un ex-ministre du Travail, Hussaini Akwanga figurent parmi six suspects accusés d’avoir touché chacun des pots-de-vins allant de 30.000 à 500.000 dollars de la part du groupe français d’électronique. Sagem avait décroché en 2001 un contrat de mise en place de la carte nationale d’identité au Nigeria, d’un montant de 214 millions de dollars.
A l’ouverture du procès, seuls cinq accusés ont comparu devant le tribunal et aucun motif n’a été fourni pour l’absence d’un sixième, Niyi Adelagun, qui est soupçonné d’avoir facilité la transaction illégale en tant qu’agent de la Sagem.
Les prévenus, qui ont plaidé non coupables, sont visés par 16 chefs d’inculpation et risquent de cinq à sept ans de prison.
Le juge a renvoyé le procès au 23 janvier et accordé aux prévenus la liberté sous caution.
Ce procès est perçu comme un test de la volonté du président Olusegun Obasanjo de mener la croisade contre la corruption qu’il avait annoncée à son arrivée au pouvoir en 1999 et qui n’a connu aucun résultat probant lors de son premier mandat.
Le chef de l’Etat a bien créé une commission de lutte contre la corruption mais depuis la mise en place de l’institution, aucun haut responsable n’a été condamné à de la prison pour corruption, ce qui a motivé de nombreuses critiques intérieures et internationales sur la pertinence et l’efficacité de cette commission.
Début décembre, à la veille de la réunion du Commonwealth à Abuja, Obasanjo avait créé la surprise en limogeant M. Akwanga après que l’agence anti-corruption eut révélé qu’il était soupçonné d’avoir perçu «des sommes colossales» de la part de la Sagem.
«Cela me perturbe de voir que ce type de scandale puisse se produire au sein de ce gouvernement malgré les efforts entrepris pour éliminer la corruption dans la fonction publique», avait déclaré le président.


Sommaire NIGERIA

Accueil