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Trois ex-ministres et deux
responsables gouvernementaux ont été inculpés de
corruption le 30/12, à l’ouverture de leur procès
devant la Haute Cour d’Abuja, pour avoir touché des pots-de-vins
dans le cadre de l’attribution d’un contrat à la société
française Sagem.
Deux anciens ministres de l’Intérieur,
Sunday Afolabi et Deux anciens ministres de l’Intérieur
Sunday Afolabi et Mahmud Shatta Shatta et un
ex-ministre du Travail, Hussaini Akwanga
figurent parmi six suspects accusés d’avoir touché
chacun des pots-de-vins allant de 30.000 à 500.000 dollars de la
part du groupe français d’électronique. Sagem avait
décroché en 2001 un contrat de mise en place de la carte
nationale d’identité au Nigeria, d’un montant de 214
millions de dollars.
A l’ouverture du procès, seuls cinq accusés ont comparu
devant le tribunal et aucun motif n’a été fourni pour
l’absence d’un sixième, Niyi Adelagun,
qui est soupçonné d’avoir facilité la transaction
illégale en tant qu’agent de la Sagem.
Les prévenus, qui ont plaidé non coupables, sont visés
par 16 chefs d’inculpation et risquent de cinq à sept ans
de prison.
Le juge a renvoyé le procès au 23 janvier et accordé
aux prévenus la liberté sous caution.
Ce procès est perçu comme un test de la volonté du
président Olusegun Obasanjo de mener la croisade contre
la corruption qu’il avait annoncée à son arrivée
au pouvoir en 1999 et qui n’a connu aucun résultat probant
lors de son premier mandat.
Le chef de l’Etat a bien créé une commission de lutte
contre la corruption mais depuis la mise en place de l’institution,
aucun haut responsable n’a été condamné à
de la prison pour corruption, ce qui a motivé de nombreuses critiques
intérieures et internationales sur la pertinence et l’efficacité
de cette commission.
Début décembre, à la veille de la réunion
du Commonwealth à Abuja, Obasanjo avait créé la surprise
en limogeant M. Akwanga après que l’agence anti-corruption
eut révélé qu’il était soupçonné
d’avoir perçu «des sommes colossales» de la part
de la Sagem.
«Cela me perturbe de voir que ce type de scandale puisse se produire
au sein de ce gouvernement malgré les efforts entrepris pour éliminer
la corruption dans la fonction publique», avait déclaré
le président. |