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Le chef de lEtat nigérian, Olusegun Obasanjo, 65 ans, a annoncé le 25 avril sa candidature à lélection présidentielle de 2003.
Petite taille et forte personnalité, cet ancien chef dEtat militaire au pouvoir dans les années 70 a reconquis la présidence, en tenue civile cette fois, en mai 1999.
Successivement soldat, général au pouvoir, fermier, prisonnier politique, écrivain et président élu, il est né le 5 mars 1937 à Abeokuta, une ville du pays Yoruba, dans le sud-ouest du Nigeria.
Jeune, il quitte vite lécole pour entrer dans larmée et se fait connaître au niveau national pendant la guerre civile de 1967-1970, au terme de laquelle il obtient la reddition des séparatistes biafrais.
Après la guerre, il grimpe dans la hiérarchie militaire et, en 1975, devient chef détat-major après un coup dEtat mené par son ami et allié, Murtala Muhammed, le plus populaire des dirigeants militaires nigérians.
Muhammed est tué quelques mois plus tard dans une tentative de coup dEtat et Obasanjo devient chef de lEtat.
Sa période de gouvernement coïncide avec des désordres économiques, la nationalisation des industries et un interventionnisme gouvernemental néfaste pour léconomie. Il a également été critiqué pour son autoritarisme et labus de ses pouvoirs présidentiels.
Obasanjo se retire alors dans une vaste ferme, à Otta, dans le sud-ouest du Nigeria, près dAbeokuta. Là, il écrit plusieurs ouvrages et participe à une série de commissions internationales, rejoignant le groupe des personnalités du Commonwealth et fondant le forum des leaders africains.
De plus en plus critique envers les régimes militaires qui ont renversé Shehu Shagari en 1983, il est incarcéré par le général Sani Abacha en 1995, et passe trois ans et trois mois en prison, jusquà la mort dAbacha, en juin 1998.
En février 99, Obasanjo remporte la présidentielle. Depuis il a beaucoup voyagé à létranger donnant à son pays, le plus peuplé dAfrique avec 120 millions dhabitants, une dimension internationale qui lui faisait défaut.
Ce faisant, il a voulu endosser le rôle de porte-parole du continent, en défendant un allégement de la dette et le développement du commerce africain. Il est un des initiateurs du Nouveau partenariat pour le développement de lAfrique (NEPAD).
Mais pour ses détracteurs, il na pas véritablement engagé les réformes politiques dont son pays avait besoin et a laissé se produire des atteintes aux droits de lHomme.
Le gouvernement nigérian a été pointé du doigt après des massacres perpétrés par larmée en 1999 dans la ville dOdi (sud) qui auraient fait près de 2.00 morts, selon lONG américaine Human Rights Watch, qui a aussi dénoncé des opérations militaires en octobre 2001 dans le sud-est du pays, au cours desquelles plus de 200 civils de lethnie Tiv auraient été tués.
Le président Obasanjo a aussi dû faire face au débat sur lintroduction de la loi islamique (charia) dans une douzaine dEtats du nord, majoritairement musulmans.
Linstauration de la loi islamique dans le nord a de nouveau dressé les communautés les unes contre les autres, provoquant des violences répétées et sanglantes. En septembre 2001, plus de 500 personnes ont été tuées lors daffrontements entre chrétiens et musulmans à Jos (centre).
Obasanjo a également été critiqué pour son inaction dans la lutte contre la corruption et pour avoir laissé sombrer léconomie nigériane dans le marasme.
Malgré les milliards de dollars générés par les ventes de pétrole et de gaz, léconomie na pas connu de croissance depuis 1999, avec une inflation supérieure aux hausses de salaires.
La principale opération de privatisation promise, celle de la compagnie publique de télécommunication NITEL, na quant à elle, toujours pas pu être achevée.
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