N° 249
du 06/05/2002

Nigéria


Olusegun Obasanjo
Le président du Nigeria briguera un second mandat

Le chef de l’Etat nigérian, Olusegun Obasanjo, 65 ans, a annoncé le 25 avril sa candidature à l’élection présidentielle de 2003.
Petite taille et forte personnalité, cet ancien chef d’Etat militaire au pouvoir dans les années 70 a reconquis la présidence, en tenue civile cette fois, en mai 1999.
Successivement soldat, général au pouvoir, fermier, prisonnier politique, écrivain et président élu, il est né le 5 mars 1937 à Abeokuta, une ville du pays Yoruba, dans le sud-ouest du Nigeria.
Jeune, il quitte vite l’école pour entrer dans l’armée et se fait connaître au niveau national pendant la guerre civile de 1967-1970, au terme de laquelle il obtient la reddition des séparatistes biafrais.
Après la guerre, il grimpe dans la hiérarchie militaire et, en 1975, devient chef d’état-major après un coup d’Etat mené par son ami et allié, Murtala Muhammed, le plus populaire des dirigeants militaires nigérians.
Muhammed est tué quelques mois plus tard dans une tentative de coup d’Etat et Obasanjo devient chef de l’Etat.
Sa période de gouvernement coïncide avec des désordres économiques, la nationalisation des industries et un interventionnisme gouvernemental néfaste pour l’économie. Il a également été critiqué pour son autoritarisme et l’abus de ses pouvoirs présidentiels.
Obasanjo se retire alors dans une vaste ferme, à Otta, dans le sud-ouest du Nigeria, près d’Abeokuta. Là, il écrit plusieurs ouvrages et participe à une série de commissions internationales, rejoignant le groupe des personnalités du Commonwealth et fondant le forum des leaders africains.
De plus en plus critique envers les régimes militaires qui ont renversé Shehu Shagari en 1983, il est incarcéré par le général Sani Abacha en 1995, et passe trois ans et trois mois en prison, jusqu’à la mort d’Abacha, en juin 1998.
En février 99, Obasanjo remporte la présidentielle. Depuis il a beaucoup voyagé à l’étranger donnant à son pays, le plus peuplé d’Afrique avec 120 millions d’habitants, une dimension internationale qui lui faisait défaut.
Ce faisant, il a voulu endosser le rôle de porte-parole du continent, en défendant un allégement de la dette et le développement du commerce africain. Il est un des initiateurs du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD).
Mais pour ses détracteurs, il n’a pas véritablement engagé les réformes politiques dont son pays avait besoin et a laissé se produire des atteintes aux droits de l’Homme.
Le gouvernement nigérian a été pointé du doigt après des massacres perpétrés par l’armée en 1999 dans la ville d’Odi (sud) qui “auraient fait près de 2.00 morts”, selon l’ONG américaine Human Rights Watch, qui a aussi dénoncé des opérations militaires en octobre 2001 dans le sud-est du pays, au cours desquelles plus de 200 civils de l’ethnie Tiv auraient été tués.
Le président Obasanjo a aussi dû faire face au débat sur l’introduction de la loi islamique (charia) dans une douzaine d’Etats du nord, majoritairement musulmans.
L’instauration de la loi islamique dans le nord a de nouveau dressé les communautés les unes contre les autres, provoquant des violences répétées et sanglantes. En septembre 2001, plus de 500 personnes ont été tuées lors d’affrontements entre chrétiens et musulmans à Jos (centre).
Obasanjo a également été critiqué pour son inaction dans la lutte contre la corruption et pour avoir laissé sombrer l’économie nigériane dans le marasme.
Malgré les milliards de dollars générés par les ventes de pétrole et de gaz, l’économie n’a pas connu de croissance depuis 1999, avec une inflation supérieure aux hausses de salaires.
La principale opération de privatisation promise, celle de la compagnie publique de télécommunication NITEL, n’a quant à elle, toujours pas pu être achevée.


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