N° 255
du 17/09/2002

Sénégal


La ministre française de la Défense au Sénégal:
coopération militaire, forces françaises et … tirailleurs

Coopération militaire, forces françaises en Afrique et anciens combattants sénégalais ont été au menu du séjour à Dakar de Michèle Alliot-Marie, qui a rendu visite aux forces françaises basées à Dakar (les “Forces françaises du Cap-Vert”, FFCV) et a rencontré les autorités sénégalaises, dont le président Abdoulaye Wade.
Selon elle, cette visite ne marquait pas un “changement d’orientation” mais “un renforcement” de la politique de coopération militaire menée par la nouvelle majorité politique en France.
Pour sa part, le ministre sénégalais des Forces armées, Youba Sambou, a souhaité un “renforcement des relations de coopération” militaire entre la France et le Sénégal, en particulier en matière de formation des officiers sénégalais.
M. Sambou a aussi déclaré “apprécier” la présence à Dakar des FFCV, fortes d’environ 1.100 militaires qui, selon lui, constituent “un appoint certain” à la “défense de la sous-région”.
Présence, assistance, transport, évacuations sanitaires, patrouilles maritimes, actions de développement, préparation des militaires sénégalais aux opérations de maintien de la paix, sont quelques-unes des missions des FFCV, qui ont été exposées à Mme Alliot-Marie lors d’une visite sur le terrain, après un survol des installations militaires françaises.

Au sortir de son entrevue avec le président Wade, Mme Alliot-Marie a évoqué la situation des anciens combattants des ex-colonies françaises, qui réclament depuis plus de 40 ans que leurs pensions soient alignées sur celles de leurs compagnons d’armes de la métropole.
Evoquant le “devoir de mémoire” auquel la France ne devait pas se soustraire, elle a affirmé que ce problème de la “décristallisation” des pensions serait réglé “avant la fin de l’année”.
Le secrétaire d’Etat français aux Anciens combattants, Hamlaoui Mékachéra, doit se rendre au Sénégal d’ici la fin de l’année.

Rappel : c’est sur la requête d’un Sénégalais, l’ancien sergent-chef de l’armée française Amadou Diop (décédé depuis), que le Conseil d’Etat a statué le 30 novembre 2001 qu’un ancien combattant d’un pays de l’ex-Union française avait les mêmes droits qu’un ressortissant français en matière de pension militaire. Mais le ministre français des Finances de l’époque avait jugé exorbitantes les sommes à payer, si l’Etat devait s’exécuter au profit de quelque 85.000 personnes concernées dans les ex-colonies françaises. Selon une estimation du gouvernement du Premier ministre socialiste Lionel Jospin (1997-2002), l’application de cet arrêt coûterait entre 300 et 460 millions d’euros par an, et le rappel des arriérés à 1,5 milliard d’euros.
Une loi datant de 1959 a gelé les pensions et retraites des anciens militaires étrangers engagés dans l’armée française.
Lors d’une audition à l’Assemblée française, en juillet dernier, M. Mékachéra a indiqué que la commission “sur la décristallisation des pensions” a formulé trois propositions: aligner sur le taux en vigueur pour les vétérans français, appliquer la parité de pouvoir d’achat fixé par l’ONU, appliquer les taux de l’ONU assorti d’un “correctif” pour éviter la diminution des pensions pour certains bénéficiaires.
“C’est vers cette troisième solution que le gouvernement s’oriente”, avait alors indiqué le secrétaire d’Etat.


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