N° 259
du 29/11/2002

Sénégal


Idrissa Seck
L’éminence grise de Wade

A 43 ans et en devenant Premier ministre du Sénégal, Idrissa Seck continue de gravir les échelons du pouvoir dans l’ombre du maître, le président libéral Abdoulaye Wade, dont il est considéré de longue date comme l’éminence grise.
Depuis l’arrivée au pouvoir de M. Wade, en avril 2000, Idrissa Seck était directeur de cabinet du chef de l’Etat, avec rang de ministre d’Etat.
Depuis 1998, il est aussi le numéro deux du Parti démocratique sénégalais (PDS), la formation d’Abdoulaye Wade. A ce titre, il a conduit aux législatives d’avril 2001 la coalition “Sopi” (changement, en wolof) formée autour de la mouvance présidentielle, remportant 89 des 120 sièges à l’Assemblée nationale.
Né le 9 août 1959 à Thiès (70 km à l’est de Dakar), ville dont il est le maire, Idrissa Seck a fréquenté l’école des Hautes études commerciales (HEC) et l’Institut d’études politiques de Paris, ou encore l’université de Princeton, aux Etats-Unis.
Homme d’affaires et consultant en “management”, spécialisé en finance et stratégies de développement, il a opéré dans les années 90 dans le secteur privé tout en continuant à tracer son chemin au PDS, parti qu’il a rejoint dès l’âge de 15 ans.
Les Sénégalais l’avaient “découvert” en 1988, alors qu’il avait 29 ans, quand Abdoulaye Wade avait fait de lui son directeur de campagne pour la présidentielle, perdue face au PS.
Lorsque le président socialiste Abdou Diouf avait élargi son gouvernement à l’opposition, il avait hérité du portefeuille du Commerce, de l’artisanat et de l’industrialisation.
Au fil des ans, il a su peaufiner son image de fidèle parmi les fidèles d’Abdoulaye Wade et, disent ses détracteurs, manœuvrer pour écarter ses adversaires réels ou supposés.
Certains lui reprochent son arrogance, son éloignement de la base du parti, son goût du pouvoir et de l’argent. D’autres l’accusent d’avoir, par ambition aussi, mystifié ses concitoyens par ses connaissances coraniques, remises en question par les érudits.
Idrissa Seck continue cependant de jouir de la confiance du président.
Il aurait notamment joué un rôle de premier plan dans la mise à l’écart du premier Premier ministre d’Abdoulaye Wade, Moustapha Niasse, démissionnaire en mars 2001 après seulement 11 mois à ce poste.
“Ma mission sera de conduire ma nouvelle charge en étant attentif à tous les signes, à toutes les potentialités, à tous les talents du Sénégal qui ont pu produire le triomphe et la joie, mais aussi rester attentif à nous guérir de tous les maux et de toutes les faiblesses, qui ont produit ce drame”, a-t-il déclaré dès sa nomination.


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