N° 243
du 18/01/2002

Sénégal


Le gouvernement dresse un "bilan d'étape"

Le gouvernement dirigé par Mme Madior Boye depuis le 3 mars 2001, a dressé, en public, un "bilan d'étape", 18 mois après le changement de régime qui a vu l'arrivée aux affaires du président Abdoulaye Wade. Et - ô surprise - Mme Madior Boye a jugé que ce "bilan est positif".
Evoquant la création de l'entreprise de transport public, Dakar Dem Dikk (Dakar aller-retour), le recrutement de plus de 5.000 agents dans la fonction publique, l'investissement dans l'agriculture de plus de 80 milliards FCFA (près de 122 millions d'euros), Mme Boye et ses ministres ont estimé "tenues", la plupart des promesses électorales de Wade.
Malgré cette auto-bilan élogieux, le gouvernement a été interpellé sur la question de la corruption "grandissante" dans le pays, le manque de transparence, les mauvaises campagnes agricoles, et l'abandon à eux mêmes de paysans livrés à la merci de spéculateurs.
Certains, comme Mme Fatou Kiné Ndiaye, chef d'entreprise et membre d'un syndicat patronal, ont dénoncé "le manque de transparence, le népotisme et le clientélisme" dans l'attribution des marchés administratifs.
D'autres intervenants ont évoqué "la crise de confiance" née du manque de transparence dans la gestion du "dossier des audits". Cette question agite depuis plusieurs mois l'opinion publique avec l'arrestation de chefs d'entreprises restés fidèles à l'ex-parti au pouvoir, le Parti socialiste, alors que d'autres, ayant fait allégeance à Wade, sont toujours en liberté.
Réponse de Madame la Premier ministre : il est très difficile de lutter contre la corruption car þ il est quasi impossible de prendre en flagrant délit et en même temps "le corrupteur et le corrompu".


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