N° 220
du 29/12/2000

Sénégal


Conflit casamançais:
Dix ans de négociations infructueuses

Des accords de paix, qui, à peine signés étaient violés, ont jalonné la crise en Casamance depuis son début en décembre 1982.
Les premiers "grands" accords ont été signés en 1991 entre le gouvernement sénégalais et le Mouvement des Forces démocratiques de Casamance (MFDC, séparatiste) à Cacheu (en Guinée-Bissau, ce pays étant la partie garante des engagements pris).
Ces accords avaient abouti au retrait des troupes sénégalaises des zones de combat et à l'adoption d'une loi d'amnistie en faveur des prisonniers casamançais. Mais l'accalmie obtenue fut de courte durée.
De nouveaux accords de cessez-le-feu furent conclus en 1992, puis en 1993, permettant chaque fois aux combattants séparatistes de profiter de la trêve pour s'armer.
En 1994, le gouvernement et le MFDC signent à nouveau des accords de cessez-le-feu à Ziguinchor (principale ville de Casamance), qui sont violés peu après leur signature avec une violence jamais égalée.
En décembre 1995, l'abbé Diamacoune, leader du MFDC, décrète lui-même un nouveau cessez-le-feu, alors que les combattants séparatistes étaient en mauvaise posture à cause d'un déploiement de l'armée sénégalaise pour rechercher quatre touristes français disparus en avril.
Les négociations qui devaient suivre n'eurent pas lieu.
Elles ne commenceront que quatre ans plus tard, en décembre 1999 à Banjul, après de nombreuses péripéties, dont l'implication de l'ambassadeur de France, André Lewin, comme facilitateur et la rencontre historique entre le président Abdou Diouf et l'abbé Diamacoune à Ziguinchor, le 22 janvier 1999.
Résultats des négociations de Banjul: cessation immédiate des hostilités, mise sur pied d'un mécanisme de contrôle et de suivi des divers accords de cessez-le-feu. Mais de nouveaux affrontements ruinent les espoirs suscités par ces accords signés sous l'égide de la Gambie et de la Guinée-Bissau.
Avec l'alternance au Sénégal en avril 2000, le président Abdoulaye Wade hérite du dossier et en fait sa "priorité". Alors qu'il affirmait être le seul capable de régler la question casamançaise en deux tours de mains, il lui faudra quand même attendre sept mois pour annoncer lui-même l'ouverture de nouvelles négociations de paix, le 16 décembre à Ziguinchor.


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