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Le référendum
organisé dimanche 7 janvier au Sénégal
est le troisième depuis l'indépendance (1960),
les deux premiers datant de la présidence de
Léopold Sédar Senghor (1960-80).
Le 3 mars 1963, les électeurs avaient adopté
à 99,4 % une constitution instaurant un régime
présidentiel, alors qu'il était jusqu'alors
parlementaire.
Le 22 février 1970, ils votaient "oui" à 94,9
% à la création du poste de Premier ministre.
Quatre jours plus tard, le 26 février 1970, Abdou
Diouf était nommé Premier ministre, poste
qu'il occupera jusqu'à ce qu'il remplace Senghor
à la présidence de la république, en
janvier 1981.
Pour ce dernier référendum, les
électeurs étaient appelés à
approuver une nouvelle constitution réintroduisant
une dose de parlementarisme dans le régime. La
nouvelle loi fondamentale accorde en outre au Premier
ministre de nouvelles prérogatives
réglementaires présentées comme autant
de pouvoirs supplémentaires. Le Parti de
l'indépendance et du travail (PIT), dont le chef
Amath Dansokho a été limogé en
novembre de son poste de ministre de l'Urbanisme, avait
appelé à une "abstention massive",
considérant que la nouvelle constitution est "une
régression démocratique, avec l'instauration
d'un régime de pouvoir personnel renforcé".
Les principaux changements introduits dans la
constitution
- Le Sénat est supprimé (le parlement
redevient monocaméral, constitué seulement
de l'Assemblée nationale). Le Conseil
économique et social est également
supprimé.
- Le mandat présidentiel est réduit de
sept à cinq ans, renouvelable une fois. Mais le
président actuellement en fonction poursuivra "son
mandat (de sept ans) jusqu'à son terme".
- Le président de la République peut
prononcer par décret la dissolution de
l'Assemblée nationale, qui ne peut cependant
intervenir dans les deux premières années
de la législature. Jusqu'à présent,
la dissolution était conditionnée à
l'adoption d'une motion de censure contre le
gouvernement.
- Le président "détermine la politique de
la nation". Mais le gouvernement "conduit et coordonne la
politique de la nation sous la direction du Premier
ministre", qui en est le "chef".
- Le président de la République ne nomme
plus à "tous" les emplois civils, pouvoir
désormais partagé avec le Premier ministre.
Le Premier ministre, sur autorisation du président
de la République, peut en outre prendre des
décrets, jusqu'alors de la seule compétence
du président de la république. Le
gouvernement est responsable devant le chef de l'Etat et
devant le parlement.
- Le président de la République
prête serment devant Dieu, mais la
laïcité de l'Etat est
réaffirmée.
- Le président de la République
"nouvellement élu" doit faire "une
déclaration écrite de patrimoine".
- "Le droit de s'opposer" à la politique du
gouvernement est désormais inscrit dans la
constitution, qui reconnaît à l'opposition
un "statut" fixant ses droits et devoirs.
- "Tout député qui démissionne de
son parti en cours de législature" est
désormais "automatiquement déchu de son
mandat".
- Les femmes ont maintenant le droit d'accéder
à la propriété de la terre dans les
mêmes conditions que les hommes, d'avoir leur
"patrimoine propre" et de gérer leurs biens. Le
nouveau texte considère le "mariage forcé"
comme une "violation de la liberté individuelle,
interdite et punie dans les conditions fixées par
la loi".
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