N° 221
du 12/01/2001

Sénégal


La constitution adoptée, place aux législatives

Les Sénégalais, qui ont dit "oui" à plus de 90 % le 7 janvier à leur nouvelle constitution, attendent maintenant les élections législatives et les fruits de l'alternance.
Abdoulaye Wade, dont la victoire à la présidentielle de mars 2000 avait mis fin à 40 ans de règne socialiste, a maintenant les coudées franches pour dissoudre l'Assemblée nationale, pouvoir que ne lui conférait pas la précédente constitution. Depuis plus de neuf mois, le Sénégal connaît une sorte de cohabitation entre un président libéral et une Assemblée dominée par le parti socialiste. Il vit une période de transition et de pré-campagne électorale nuisible aux réformes de fond que le président sait devoir engager pour répondre aux espérances de ses électeurs.
La population attend en particulier la satisfaction de sa demande sociale: santé, éducation, emploi, transport...
Juste après avoir voté, le président avait cependant souligné qu'il n'était pas pressé de dissoudre, la seule "contrainte" étant, selon lui, l'organisation des législatives "avant les pluies", en avril-mai.
Selon la loi, les élections doivent être convoquées 45 à 60 jours après la dissolution de l'Assemblée.
Avant de prendre une décision, le président veut mener des "consultations", d'une part avec ses partenaires du "Front pour l'alternance", coalition hétéroclite qui l'avait soutenu pour la présidentielle et participe à son gouvernement, d'autre part avec le parti socialiste, principale force de l'opposition.
Tous les grands partis, du camp présidentiel et de l'opposition, avaient appelé à voter "oui" à la nouvelle constitution.
La participation de 66 % est "un succès", selon l'analyse du président Wade, sans être un triomphe, puisqu'il disait lui-même espérer une participation supérieure.
Les législatives, que les tous les principaux partis ont en point de mire, devraient entraîner une recomposition du paysage politique après la défaite à la présidentielle du Parti socialiste, qui a du mal à assumer son nouveau statut d'opposant.
Wade qui pense que la majorité absolue est à la portée de son parti, le Parti démocratique sénégalais (PDS).


Retour au sommaire SENEGAL

Retour Home

Retour en haut de page