N° 233
du 20/08/2001

Sénégal


Changements dans la direction du MFDC
L'abbé Augustin Diamacoune passe la main

Le Mouvement des Forces démocratiques de Casamance (MFDC, indépendantiste) a amorcé un nouveau tournant de son histoire avec la mise à l'écart de son leader historique l'abbé Augustin Diamacoune, 73 ans, remplacé par Jean-Marie François Biagui, 40 ans, à l'issue d'une réunion houleuse à Banjul en Gambie.
Ce rajeunissement, qui s'accompagne de l'entrée en force des éléments de l'aile extérieure du mouvement, est le résultat d'un compromis obtenu grâce à une médiation du président gambien Yahya Jammeh, qui a sauvé le MFDC de l'implosion. Réuni pendant une semaine dans la capitale gambienne pour "harmoniser ses positions", le mouvement n'avait réussi au bout de quatre jours de travaux qu'à étaler ses divisions.
Celles-ci avaient pour origines les querelles de leadership qui touchaient non seulement l'aile politique, mais également l'aile militaire du mouvement.
Les divergences entre les civils avaient abouti au limogeage de certains dirigeants, dont l'ancien chef d'état-major du maquis, Sidi Badji, qui contestaient la gestion "familiale" du mouvement par l'abbé Diamacoune.
Quant aux querelles pour la direction du front sud, elles s'étaient traduites par affrontements sanglants entre partisans de Léopold Sagna, chef d'état-major et ceux de son prédécesseur à ce poste Salif Sadio.
Après les assises de Banjul, dont les grands absents ont été les maquisards du front sud, l'abbé Diamacoune, qui avait de plus en plus de mal à faire respecter les engagements pris avec le gouvernement pour un respect des différents accords de cessez le feu, cède la direction du mouvement à un jeune dirigeant qui n'est devenu membre du MFDC que depuis 1993.

La composition du nouveau bureau est marquée par l'entrée en force de l'aile extérieure du mouvement et le retour en grâce de personnalités qui avaient été limogées pour "insubordination" par l'abbé Diamacoune. Celui-ci a été élu président d'honneur, poste créé pour l'occasion.
Le nouveau leader du MFDC, qui est né le 10 janvier 1961 à Brin (non loin de Ziguinchor), a fait des études supérieures de gestion en France après des études secondaires au Sénégal. Il est établi à Lyon en France.
Dans sa première déclaration à la presse, Biagui s'est engagé à poursuivre le processus de paix avec le gouvernement sénégalais, mais sur de nouvelles bases. Pour lui, ces négociations devraient reprendre sous la supervision de la Gambie et de la Guinée-Bissau, deux pays voisins de la Casamance, qui avaient été écartés des discussions par le nouveau régime du président Abdoulaye Wade.
Elles devraient également s'inscrire dans le sillage des accords déjà signés lors des négociations de Banjul avec l'ancien régime du président Abdou Diouf en 2000.
La date du 15 septembre a été proposée par le MFDC pour la reprise des négociations à Banjul.


Retour au sommaire SENEGAL

Retour Home

Retour en haut de page