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Le Mouvement des Forces
démocratiques de Casamance (MFDC,
indépendantiste) a amorcé un nouveau
tournant de son histoire avec la mise à
l'écart de son leader historique l'abbé
Augustin Diamacoune, 73 ans, remplacé par
Jean-Marie François Biagui, 40 ans, à
l'issue d'une réunion houleuse à Banjul en
Gambie.
Ce rajeunissement, qui s'accompagne de l'entrée en
force des éléments de l'aile extérieure
du mouvement, est le résultat d'un compromis obtenu
grâce à une médiation du
président gambien Yahya Jammeh, qui a
sauvé le MFDC de l'implosion. Réuni pendant
une semaine dans la capitale gambienne pour "harmoniser ses
positions", le mouvement n'avait réussi au bout de
quatre jours de travaux qu'à étaler ses
divisions.
Celles-ci avaient pour origines les querelles de leadership
qui touchaient non seulement l'aile politique, mais
également l'aile militaire du mouvement.
Les divergences entre les civils avaient abouti au limogeage
de certains dirigeants, dont l'ancien chef
d'état-major du maquis, Sidi Badji, qui
contestaient la gestion "familiale" du mouvement par
l'abbé Diamacoune.
Quant aux querelles pour la direction du front sud, elles
s'étaient traduites par affrontements sanglants entre
partisans de Léopold Sagna, chef
d'état-major et ceux de son
prédécesseur à ce poste Salif
Sadio.
Après les assises de Banjul, dont les grands absents
ont été les maquisards du front sud,
l'abbé Diamacoune, qui avait de plus en plus de mal
à faire respecter les engagements pris avec le
gouvernement pour un respect des différents accords
de cessez le feu, cède la direction du mouvement
à un jeune dirigeant qui n'est devenu membre du MFDC
que depuis 1993.
La composition du nouveau bureau est marquée par
l'entrée en force de l'aile extérieure du
mouvement et le retour en grâce de
personnalités qui avaient été
limogées pour "insubordination" par l'abbé
Diamacoune. Celui-ci a été élu
président d'honneur, poste créé pour
l'occasion.
Le nouveau leader du MFDC, qui est né le 10 janvier
1961 à Brin (non loin de Ziguinchor), a fait des
études supérieures de gestion en France
après des études secondaires au
Sénégal. Il est établi à Lyon en
France.
Dans sa première déclaration à la
presse, Biagui s'est engagé à poursuivre le
processus de paix avec le gouvernement
sénégalais, mais sur de nouvelles bases. Pour
lui, ces négociations devraient reprendre sous la
supervision de la Gambie et de la Guinée-Bissau, deux
pays voisins de la Casamance, qui avaient été
écartés des discussions par le nouveau
régime du président Abdoulaye Wade.
Elles devraient également s'inscrire dans le sillage
des accords déjà signés lors des
négociations de Banjul avec l'ancien régime du
président Abdou Diouf en 2000.
La date du 15 septembre a été proposée
par le MFDC pour la reprise des négociations à
Banjul.
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