- Dans l'entretien qu'il
nous a accordé en Gambie où il
réside, Alexandre Djiba rappelle que
l'Abbé Diamacoune Senghor n'a plus de
mandat pour discuter avec le gouvernement
sénégalais, et estime que les
négociations avec Dakar sont dans l'impasse.
- Bien que le MFDC ait élu au poste de
secrétaire général Jean-Marie
François Biagui qui vit en France, le
gouvernement sénégalais semble
effectivement vouloir remettre en scelle l'Abbé
Diamacoune Senghor qui n'est plus que "président
d'honneur" du MFDC.
- Dakar s'appuierait aussi sur le frère de
l'abbé, Bertrand Diamacoune, qui lui aussi
s'active beaucoup pour tenter de redonner du "poids" au
chef historique des rebelles casamançais.
- Pour Alexandre Djiba, au sein du MFDC, seule est
habilitée à négocier, la "commission
de négociations", élue lors de la tenue du
Bureau national élargi du MFDC, les 5 et 6
août 2001. Alexandre Djiba déclare
même qu'il lui revient "de piloter la relance" des
négociations, puisqu'il préside en
principe cette Commission.
- Globalement, Alexandre Djiba estime que le
président Wade tente de semer le désordre
dans la branche politique du MFDC pour démontrer
à terme "à la France et à l'Europe",
précise-t-il, qu'elle n'existe plus, pour ensuite
pouvoir "négocier" avec la seule branche
militaire. "Négocier" ou "combattre", ajoute-t-il.
- Enfin, quant à la localisation de futures
négociations, Alexandre Djiba reste farouchement
opposé à ce qu'elles se tiennent en
territoire sénégalais. "Il est très
important pour nous qu'elles se tiennent hors de la
Casamance et même hors du Sénégal",
nous a -t-il déclaré.
Interview
Afrique Express : Pourquoi et comment ont eu lieu
les changements au sein de la direction du MFDC ?
Alexandre Djiba : Il faut remonter au
congrès de 1999. L'objectif était de corriger
les erreurs de façon à créer les
conditions nécessaires à la relance des
négociations avec le Gouvernement du
Sénégal.
C'est par consensus que nous avons fait évoluer nos
structures y compris pour la suppression du poste de
Secrétaire général adjoint.
Qui - ou quelle structure - est habilité
aujourd'hui dans le MFDC à négocier avec le
gouvernement sénégalais ?
Une Commission de négociations a été
élue à l'issue de la réunion du Bureau
national élargi des 5 au 9 août 2001. Il me
revient de piloter la relance.
Qu'y a-t-il de nouveau entre l'accord que le MFDC a
signé avec le régime du président Abdou
Diouf en décembre 1999 et celui signé le 16
décembre 2000 avec le gouvernement du
président Abdoulaye Wade ?
Le 16 décembre 2000, il n'y a pas eu d'accord
signé avec le Gouvernement d'Abdoulaye Wade. Il
était question d'une simple cérémonie
protocolaire à Ziguinchor voulue par Abdoulaye Wade
pour marquer la volonté de son gouvernement de
négocier avec le MFDC une sortie de crise.
Aujourd'hui, vous devez considérer qu'il n'y a aucune
avancée, sinon blocage.
A l'heure actuelle, le gouvernement
sénégalais semble vouloir relancer des
discussions avec l'abbé Diamacoune sur la base de
l'accord de décembre 2000 et des onze points contenu
dans cet accord. Qu'en pensez-vous ?
C'est sur la base des accords signés avec
l'Abbé Diamacoune Senghor les 16 et 23 Mars 2001
à Ziguinchor, fondés sur le document de onze
points du 25 novembre 2000, que Wade semblerait vouloir
relancer les négociations.
Le problème est que l'Abbé Diamacoune Senghor
a perdu tout mandat de négociations depuis la
réunion du Bureau national des 6 et 7 décembre
1999.
En réalité, l'achoppement avec Wade repose
plus qu'il ne veut l'avouer sur la question de la Gambie et
de la Guinée Bissau comme pays garants.
Comment expliquez-vous la relative recrudescence des
incidents qui sont attribués à des membres du
MFDC en ce moment en Casamance ?
Il y a effectivement recrudescence des incidents en
Casamance. C'est à mon sens la surenchère de
la coalition Diamacoune Wade d'une part, la tentative de
marginalisation de l'autorité du MFDC, d'autre
part.
Merci
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