N° 240
du 30/11/2001

Sénégal


Le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC)
semble éclaté en deux tendances
Récapitulatif de la guerre des chefs

Sans remonter dans le temps jusqu'à l'année 1982 qui vit la naissance de la rébellion casamançaise, ces derniers mois ont donné lieu à une guerre ouverte entre différentes tendances au sein du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC).
 
11 février 2001
L'abbé Diamacoune, secrétaire général du MFDC, prononce le limogeage de Sidy Badji, autre "leader" historique du mouvement, de son poste de conseiller militaire
 
Juin 2001
Lors d'une réunion à Ziguinchor, l'abbé Diamacoune se " réconcilie " avec Sidy Badji.
 
Août 2001, assises du MFDC,
à Banjul en Gambie.
Le chef historique du MFDC, l'abbé Diamacoune, est évincé de la direction du mouvement et relégué au rang de " président d'honneur ". Le jeune Jean-Marie Biagui, qui vit en France, à Lyon, est élu secrétaire général à sa place.
Sidy Badji est nommé secrétaire chargé des affaires militaires, et Abdoulaye Diédhiou, un de ses proches, secrétaire de l'aile intérieure. Alexandre Djiba, qui vit à Banjul, en Gambie, est le porte-parole du MFDC.
Le nouvel organigramme de la direction du MFDC est alors le suivant:
  • Président d'honneur : Abbe Augustin Diamacoune Senghor
  • Secrétaire général : Jean-Marie François Biagui
  • Secrétaire chargé des affaires militaires : Sidy Badji
  • Secrétaire chargé des affaires économiques : Ousmane Tamba (ancien représentant en Suisse)
  • Secrétaire chargé de l'aile intérieure : Abdoulaye Diédhiou
  • Secrétaire chargé de l'aile extérieure: Mamadou Goudiaby (établi à Paris)
  • Porte-parole : Alexandre Djiba (établi en Gambie)
 
L'ancien chef de l'aile extérieure du MFDC, Nkrumah Sané, ne décolère pas de cette nouvelle direction : "Comme par le passé, le peuple de Casamance et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC, ailes politique et militaire) rappellent à l'opinion internationale que ce que l'Etat sénégalais et ses collaborateurs casamançais ont fait et feront signer à notre secrétaire général l'abbé Augustin Senghor est nul et non avenu", déclare-t-il dans un communiqué de Paris. Nkrumah Sané refuse ces changements et se considère toujours comme le détenteur du poste de représentant à l'extérieur du Mfdc et adjoint de Diamacoune.
 
Septembre, octobre 2001
L'Abbé Diamacoune Senghor est reçu en audience par le président de la République, Abdoulaye Wade, le 14 septembre, au grand dam de la nouvelle direction qui lui dénie le droit de s'exprimer ou de prendre des engagements au nom du MFDC.
Dans la même période, l'abbé fait organiser par son frère Bertrand, des meetings en Casamance-même, histoire de montrer qu'il contrôle effectivement le mouvement.
 
Novembre 2001
Le 5, Jean-Marie Biagui démissionne de son poste de secrétaire général pour protester contre les "obstructions" du secrétaire de l'aile intérieure, Abdoulaye Diédhiou. Mais il est aussitôt " renommé " à ce poste par l'abbé Diamacoune Senghor en personne, qui en profite pour annoncer une nouvelle direction. Sont nommés le 16 novembre :
  • Jean-Marie Biagui : secrétaire général
  • Ansoumana Badji : secrétaire général adjoint chargé de l'économie et de la communication, porte-parole du mouvement,
  • Bertrand Diamacoune (le frère de l'abbé) : délégué national
  • Raymond Badji : délégué général en Europe
  • Daniel Diatta : chargé de mission.
 
Seul problème, sitôt connue la démission de Jean-Marie Biagui, Sidy Badji avait déjà pris sa place. Dans un communiqué , il avait déclaré : "J'ai accepté sur proposition du secrétaire à l'aile intérieure, en rapport avec le porte-parole et l'aile extérieure d'assumer, à compter du 6 novembre 2001, les fonctions de secrétaire général par intérim en attendant la convocation de nouvelles assises et l'adoption de nouveaux textes réorganisant le fonctionnement des instances du MFDC".
Réunis ensuite en session extraordinaire le 17 novembre 2001, les partisans de Sidy Badji l'ont confirmé dans sa fonction de secrétaire général par intérim du MFDC, jusqu'à la convocation de nouvelles assises permettant d'élire un nouveau secrétaire général.
"L'ère de se payer le luxe de s'arroger de pouvoirs absolus ou de lutter impunément pour faire du mouvement sa propriété ou une affaire de petit et de grand frère ou encore de tenter de faire du MFDC une affaire de famille est révolue", souligne même un communiqué signé Sidy Badji. "L'heure n'est pas à la tenue de meeting, mais plutôt que les deux parties en conflit à savoir le gouvernement du Sénégal et le Mfdc doivent s'engager à des négociations sérieuses en terrain neutre avec une garantie bienveillante des Républiques de Gambie et de Guinée Bissau", a-t-il ajouté. A suivre, donc.


Retour au sommaire SENEGAL

Retour Home
Retour en haut de page