- L'église
catholique a, et pour la première fois
publiquement, désavoué l'abbé
Augustin Diamacoune Senghor, considéré
comme le chef "historique" de la rébellion
indépendantiste casamançaise qui
sévit depuis 19 ans dans le sud du
Sénégal.
- "Ce n'est pas sa place", a déclaré le
père Ernest Manga, directeur du Foyer de
charité de Sindone, une petite localité
d'environ 1.500 âmes où un notable a
été tué par des rebelles, une
semaine après la tenue, début
décembre, d'une conférence
épiscopale qui avait rappelé l'abbé
Diamacoune à l'ordre.
- Selon Mgr Théodore Adrien Sarr,
archevêque de Dakar, les évêques en
provenance de quatre pays de la région (Cap Vert,
Guinée Bissau, Mauritanie et
Sénégal) ont entendu l'abbé
Diamacoune avant de "condamner" son action à la
tête d'un mouvement qui prône la lutte
armée.
- Le père Manga, 50 ans, originaire de
Casamance, est encore plus catégorique que les
évêques, qui ne se sont pas prononcés
sur le fond du problème: l'indépendance de
la région revendiquée par le Mouvement
des forces démocratiques de Casamance (MFDC).
"L'indépendance de la Casamance, ce n'est pas
viable", estime sans hésiter le père Manga.
- L'abbé Augustin Diamacoune Senghor, 73 ans,
avait été arrêté et
condamné à cinq ans de prison pour
sédition en 1982, puis de nouveau
emprisonné pendant près d'un an en 1990.
Depuis 1995, il est en résidence surveillée
à la Maison des ¦uvres catholiques de Ziguinchor.
- Le MFDC est de plus en plus divisé par des
querelles de pouvoir, l'abbé Augustin Diamacoune
lui-même étant contesté par une
faction qui cherche à l'écarter,
après ses prises de positions plutôt
ambiguës sur des négociations avec le
gouvernement pour un retour à la paix en
Casamance. (Cf. Afrique Express 239 et 240)
- Suite à cette condamnation par sa
hiérarchie religieuse, l'abbé a simplement
déclaré qu'il n'attendait de jugement que
de Dieu.
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