N° 242
du 02/01/2002

Sénégal


L'abbé Diamacoune
n'est pas en odeur de sainteté pour l'Eglise

L'église catholique a, et pour la première fois publiquement, désavoué l'abbé Augustin Diamacoune Senghor, considéré comme le chef "historique" de la rébellion indépendantiste casamançaise qui sévit depuis 19 ans dans le sud du Sénégal.
"Ce n'est pas sa place", a déclaré le père Ernest Manga, directeur du Foyer de charité de Sindone, une petite localité d'environ 1.500 âmes où un notable a été tué par des rebelles, une semaine après la tenue, début décembre, d'une conférence épiscopale qui avait rappelé l'abbé Diamacoune à l'ordre.
Selon Mgr Théodore Adrien Sarr, archevêque de Dakar, les évêques en provenance de quatre pays de la région (Cap Vert, Guinée Bissau, Mauritanie et Sénégal) ont entendu l'abbé Diamacoune avant de "condamner" son action à la tête d'un mouvement qui prône la lutte armée.
Le père Manga, 50 ans, originaire de Casamance, est encore plus catégorique que les évêques, qui ne se sont pas prononcés sur le fond du problème: l'indépendance de la région revendiquée par le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). "L'indépendance de la Casamance, ce n'est pas viable", estime sans hésiter le père Manga.
L'abbé Augustin Diamacoune Senghor, 73 ans, avait été arrêté et condamné à cinq ans de prison pour sédition en 1982, puis de nouveau emprisonné pendant près d'un an en 1990. Depuis 1995, il est en résidence surveillée à la Maison des ¦uvres catholiques de Ziguinchor.
Le MFDC est de plus en plus divisé par des querelles de pouvoir, l'abbé Augustin Diamacoune lui-même étant contesté par une faction qui cherche à l'écarter, après ses prises de positions plutôt ambiguës sur des négociations avec le gouvernement pour un retour à la paix en Casamance. (Cf. Afrique Express 239 et 240)
Suite à cette condamnation par sa hiérarchie religieuse, l'abbé a simplement déclaré qu'il n'attendait de jugement que de Dieu.


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