N° 252
du 02/07/2002

Sénégal


Les opérations de “ratissage” de l’armée sénégalaise
poussent des milliers de Casamançais à se réfugier en Gambie

Plus de mille Casamançais, fuyant les opérations de “ratissage” de l’armée sénégalaise en Casamance, se sont réfugiés le week-end du 23 juin en Gambie, a rapporté la télévision gambienne. Ces réfugiés ont été regroupés dans des villages gambiens situés le long de la frontière.
L’armée sénégalaise a déclenché “une opération de grande envergure” selon ses propres termes dans le département de Bignona, en Casamance, suite, selon l’armée, “aux exactions récentes de bandes armées rebelles dans le département, mettant en danger la sécurité des populations et de leurs biens”.
Le 29 avril, une attaque avait fait 7 morts et 4 blessés non loin de Diouloulou, dans le département de Bignona.
Le commandant sénégalais de cette zone militaire, le colonel Moktar Gueye, avait demandé aux population des zones de ratissage de “se dissocier des malfaiteurs et de rester dans leurs maisons afin de faciliter l’action des services de sécurité”.
Au cours d’une précédente opération début mai, trente-trois membres présumés du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC, indépendantiste) avaient été arrêtés.

De leur côté, les autorités de Guinée Bissau ont annoncé qu’elles allaient renvoyer au Sénégal, 18 éléments présumés du MFDC, par le biais du Bureau des Nations Unies en Guinée-Bissau (UNOGBIS). L’annonce de cette mesure a été faite par le directeur général de la Sûreté nationale bissau-guinéenne, Domingos Barros, qui a précisé que les dix-huit hommes avaient été arrêtés en mai dernier dans les quartiers périphériques de Bissau “pour implication dans des actions subversives”.
Les 18 “Casamançais” sont actuellement détenus à la prison centrale de la capitale, selon la même source, et huit d’entre eux figurent parmi les 169 personnes soupçonnées d’avoir participé à une tentative de coup d’Etat en décembre 2001 à Bissau, et dont l’amnistie avait été annoncée le 11 juin par le président bissau-guinéen.
“Les Nations Unies se chargeront de faire sortir du pays les Sénégalais de Casamance, car ils n’ont pas de place ici”, avait déclaré Kumba Yala le même jour.
Le président Yala avait menacé, en mars dernier, d’appliquer “des méthodes expéditives” et d’user “d’un droit de poursuite contre les perturbateurs qui menacent la stabilité du Sénégal” à partir de la frontière nord de son pays. “Ceux qui ne veulent pas comprendre le langage du dialogue, entendront celui de la machette”, avait-il ajouté.


Retour au sommaire SENEGAL

Retour Home