N° 255
du 17/09/2002

Sénégal


Diamacoune Senghor et Sidy Badji se rencontrent
à l’occasion des “assises” casamançaises

L’abbé Augustin Diamacoune Senghor et Sidy Badji se sont rencontrés le 11 septembre à Ziguinchor, principale ville de la Casamance, en affirmant leur volonté de réaliser l’unité du mouvement indépendantiste.
Une telle unité du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) paraît indispensable à l’ouverture de nouvelles négociations avec le gouvernement sénégalais.
“Les retrouvailles ne doivent pas être seulement orales mais doivent se manifester et se concrétiser sur le terrain”, a déclaré l’abbé Diamacoune, président du MFDC, après avoir rendu visite à Sidy Badji, ancien chef du “maquis”.
L’abbé Diamacoune, considéré comme le chef historique de la rébellion indépendantiste en cours depuis près de vingt ans, a appelé Sidy Badji à venir travailler avec lui à “l’édification de la paix” en Casamance.
Sidy Badji, autoproclamé “secrétaire général” du MFDC, a affirmé qu’il acceptait cette invitation et demandé que soient mises de côté les mésententes du passé. Il a souhaité que le maquis retrouve son unité, comme l’a retrouvée, a-t-il dit, l’aile civile du MFDC.
Les deux hommes et leurs proches ont par ailleurs rencontré à la gouvernance de Ziguinchor le ministre de l’Intérieur, Mamadou Niang, et le président du conseil régional de Dakar, Abdoulaye Faye.
MM. Niang et Faye sont membres d’une commission créée fin août par le président sénégalais Abdoulaye Wade afin de mener avec le MFDC de nouvelles discussions, qui pourraient avoir lieu prochainement en Guinée-Bissau.
En près de vingt ans de conflit, plusieurs accords de paix ont été conclus entre le gouvernement de Dakar et la rébellion, mais n’ont jamais été suivis d’effet.
Le conflit a fait des centaines de morts, provoqué le déplacement de milliers de villageois et ruiné l’économie de la région, dotée d’un fort potentiel touristique et agricole.

La rencontre entre l’abbé Diamacoune et Sidy Badji a eu lieu à l’initiative de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (RADDHO), organisation basée à Dakar, et les organisateurs d’assises “casamanço-casamançaises” en cours depuis le 1er septembre à Ziguinchor.
Au cours de ces assises, qui se déroulent du 1er septembre au 1er octobre, des participants ont reconnu samedi dans une “déclaration” leur appartenance “à la grande et unique concession du Sénégal”.
Ce texte, signé des “socio-cultures” (ethnies) de Casamance, s’éloigne de la revendication indépendantiste de la rébellion en cours depuis près de vingt ans dans la province, relèvent les observateurs à Ziguinchor, principale ville de la région. Toutefois, cette déclaration n’engage que ses auteurs, puisque tous les membres du MFDC ne se sont pas associés à l’organisation de ces “assises casamanço-casamançaises pour la paix définitive en Casamance”.
“Nous, socio-cultures cohabitantes (Baïnounck, Balante, Diakhanté, Diola, Mancagne, Mandiakou, Mandinka, Pepel, Puular, Soninké...), (...) “sommes casamançais, mais aussi avons et gardons l’intime conviction d’appartenir à la grande et unique concession du Sénégal, où notre vieille case en banco (pierres et argile, ndlr) et en toit de chaume (...) demeure cependant si fière de son originale beauté inexpugnable”, est-il écrit dans la “déclaration”.
“Nous invitons le MFDC à se réunifier de toute urgence (...) et, “dans la perspective des toutes prochaines négociations (avec le gouvernement de Dakar), nous adjurons les parties au conflit à un cessez-le-feu immédiat, autant que nous les convions à accélérer les préparatifs pour contribuer à garantir la paix définitive maintenant”, poursuit le texte.

Opération de sécurisation de l’armée sénégalaise

Sur le terrain, l’armée sénégalaise mène depuis le 10 septembre une opération dite de “sécurisation” de la région de Kolda, qui “vise essentiellement à assurer la sécurité des populations et de leurs biens” selon le Colonel Abdoulaye Diallo, commandant de la zone militaire numéro 6 de Kolda.
Lors d’une opération menée le 10 septembre, près de la frontière avec la Guinée Bissau, l’armée a dénombré trois morts chez les rebelles et un blessé dans les rangs des militaires.


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