N°257
du 17/10/2002

Sénégal


Une demande de “pardon” qui ne fait pas l’unanimité
au sein des indépendantistes casamançais

Le MFDC a pris la mesure de son immense responsabilité par rapport aux souffrances des peuples casamançais et sénégalais, directement ou indirectement induites par la guerre en Casamance. Le MFDC leur demande solennellement pardon”, a déclaré le secrétaire général du mouvement, Jean-Marie François Biagui, dans un discours prononcé à la clôture d’assises intercasamançaises, censées préparer le terrain de futures négociations avec Dakar.
Jean-Marie François Biagui s’exprimait lors de ces assises, qui se sont tenues pendant le week-end du 6 octobre, au nom de la tendance du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) dirigée par le leader historique du mouvement l’abbé Augustin Diamacoune Senghor.
“Oui, avec regret et sincérité, nous demandons pardon aux peuples casamançais et sénégalais”, avait même ajouté M. Biagui, indiquant que son mouvement appelait de ses vœux “l’instauration d’une véritable dynamique de paix et de réconciliation en Casamance”.

Or, l’autre tendance du Mouvement, dirigée par Sidy Badji, qui se présente comme “secrétaire par intérim du MFDC et chargé des affaires militaires”, a fermement rejeté ce discours. Le MFDC “n’a pas de pardon quelconque à demander au Sénégal, car ce n’est pas le MFDC qui a créé la guerre en Casamance, mais bien le Sénégal qui a traversé fleuves et rivières pour venir imposer à la Casamance une guerre”, a réagi Sidy Badji dans un communiqué.
Selon lui, Jean-Marie François Biagui “a trahi la confiance du MFDC et du peuple casamançais. Ses déclarations, faits et gestes n’engagent nullement le MFDC dans son ensemble”.
Sidy Badji a par ailleurs qualifié de “cirque” et de “farce inqualifiable” ces assises intercasamançais ouvertes le 1er septembre à Ziguinchor.
Pourtant, en marge de ces assises, M. Badji avait rencontré par deux fois son “frère ennemi”, l’abbé Diamacoune Senghor, les 11 et 17 septembre. Les deux hommes avaient alors affirmé leur volonté de réaliser l’unité du mouvement indépendantiste, et appelé à l’ouverture rapide de négociations de paix avec le gouvernement.
Auparavant, le 21 août, ils avaient “lancé un appel solennel au gouvernement pour qu’il prenne toutes les dispositions utiles afin que des négociations justes et sincères s’engagent avec le MFDC en terrain neutre, pour en finir définitivement avec la tragédie casamançaise”, avaient-ils écrit dans un texte commun.


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