N°259
du 29/11/2002

Sénégal


Nouveau Premier ministre:
Idrissa Seck succède à Mame Madior Boye

Le président Abdoulaye Wade a mis fin le 4 novembre, sans surprise il est vrai, aux fonctions de la première femme Premier ministre du Sénégal, Mame Madior Boye, en poste depuis mars 2001 et a nommé pour lui succéder un de ses plus fidèles lieutenants, Idrissa Seck. M. Seck, 43 ans, considéré depuis longtemps comme favori à la succession de Mme Boye, était jusqu’à présent ministre d’Etat, directeur de cabinet du chef de l’Etat. Il est aussi le numéro deux du parti du président, le Parti démocratique sénégalais (PDS, libéral).
Depuis plusieurs mois, le changement de chef du gouvernement était devenu le sujet de choix des éditorialistes politiques sénégalais, avant même le naufrage du Joola qui, le 26 septembre, a bouleversé tout le pays.
La catastrophe, qui a fait plus de 1.000 morts -probablement 1.200 selon la commission d’enquête- a peut-être même retardé l’échéance pour Mme Boye, dont le départ était déjà considéré courant septembre comme imminent.
La nomination d’ Idrissa Seck était demandée avec insistance par certains membres du PDS, qui réclament aussi “plus de portefeuilles” dans le gouvernement, en jugeant l’équipe sortante par trop dominée par des “technocrates”. Volonté de changement, d’une nouvelle équipe après deux ans et demi de pouvoir, d’un nouveau style ? En se passant de Mme Boye, le président “entame une nouvelle phase de l’évolution du pays”, a précisé le porte-parole du chef de l’Etat.
Magistrate âgée d’une soixantaine d’années, femme de petite taille à lunettes, toujours vêtue de longues tenues traditionnelles et coiffée d’un foulard noué, Mme Boye était devenue en mars 2001 la première femme Premier ministre du Sénégal. Elle succédait alors à Moustapha Niasse, le leader de l’Alliance des forces de progrès (AFP), qui venait de passer une année assez tumultueuse aux côtés d’Abdoulaye Wade, élu en mars 2000 en partie grâce au soutien qu’il lui avait apporté au second tour de la présidentielle.
D’avril 2000 à mars 2001, Mme Boye avait été ministre de la Justice.
Semblant toujours en retrait, laissant le champ totalement libre au président Wade, Mme Boye avait pourtant dû occuper le devant de la scène juste après le naufrage du 26 septembre, puisque le président était absent du pays au moment de la catastrophe. Dans ses premières déclarations, elle avait soutenu que seule la tempête était en cause. Ce que le chef de l’Etat avait démenti dès son retour à Dakar, en admettant la responsabilité de l’Etat et en dénonçant le “cumul de fautes” à l’origine, selon lui, de la catastrophe.
Plusieurs appels à la démission du gouvernement avaient alors été lancés. Mais seuls les ministres des Transports et des Forces armées, directement concernés, avaient quitté le gouvernement, le 1er octobre.


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