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Le président Abdoulaye Wade a mis fin le 4 novembre, sans surprise il est vrai, aux fonctions de la première femme Premier ministre du Sénégal, Mame Madior Boye, en poste depuis mars 2001 et a nommé pour lui succéder un de ses plus fidèles lieutenants, Idrissa Seck. M. Seck, 43 ans, considéré depuis longtemps comme favori à la succession de Mme Boye, était jusquà présent ministre dEtat, directeur de cabinet du chef de lEtat. Il est aussi le numéro deux du parti du président, le Parti démocratique sénégalais (PDS, libéral).
Depuis plusieurs mois, le changement de chef du gouvernement était devenu le sujet de choix des éditorialistes politiques sénégalais, avant même le naufrage du Joola qui, le 26 septembre, a bouleversé tout le pays.
La catastrophe, qui a fait plus de 1.000 morts -probablement 1.200 selon la commission denquête- a peut-être même retardé léchéance pour Mme Boye, dont le départ était déjà considéré courant septembre comme imminent.
La nomination d Idrissa Seck était demandée avec insistance par certains membres du PDS, qui réclament aussi plus de portefeuilles dans le gouvernement, en jugeant léquipe sortante par trop dominée par des technocrates. Volonté de changement, dune nouvelle équipe après deux ans et demi de pouvoir, dun nouveau style ? En se passant de Mme Boye, le président entame une nouvelle phase de lévolution du pays, a précisé le porte-parole du chef de lEtat.
Magistrate âgée dune soixantaine dannées, femme de petite taille à lunettes, toujours vêtue de longues tenues traditionnelles et coiffée dun foulard noué, Mme Boye était devenue en mars 2001 la première femme Premier ministre du Sénégal. Elle succédait alors à Moustapha Niasse, le leader de lAlliance des forces de progrès (AFP), qui venait de passer une année assez tumultueuse aux côtés dAbdoulaye Wade, élu en mars 2000 en partie grâce au soutien quil lui avait apporté au second tour de la présidentielle.
Davril 2000 à mars 2001, Mme Boye avait été ministre de la Justice.
Semblant toujours en retrait, laissant le champ totalement libre au président Wade, Mme Boye avait pourtant dû occuper le devant de la scène juste après le naufrage du 26 septembre, puisque le président était absent du pays au moment de la catastrophe. Dans ses premières déclarations, elle avait soutenu que seule la tempête était en cause. Ce que le chef de lEtat avait démenti dès son retour à Dakar, en admettant la responsabilité de lEtat et en dénonçant le cumul de fautes à lorigine, selon lui, de la catastrophe.
Plusieurs appels à la démission du gouvernement avaient alors été lancés. Mais seuls les ministres des Transports et des Forces armées, directement concernés, avaient quitté le gouvernement, le 1er octobre.
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