N°259
du 29/11/2002

Sénégal


Pétition en faveur de détenus
considérés comme “prisonniers politiques”

Le Cercle des jeunes cadres socialistes (CEJECAS), a annoncé le 24 novembre avoir lancé une pétition pour obtenir de l’Etat du Sénégal la libération d’ex-dirigeants de sociétés publiques arrêtés et qui, selon le CEJECAS, sont des “prisonniers politiques”. Le CEJECAS est un “courant” du Parti socialiste, ex-parti au pouvoir de l’indépendance à avril 2000, aujourd’hui dans l’opposition.
“Nous avons initié cette pétition pour exiger le respect des droits de l’homme et la libération de ces prisonniers politiques”, a déclaré Abdoulaye Wilane, secrétaire exécutif du CEJECAS, après une rencontre la veille entre son mouvement et la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO), une ONG basée à Dakar. La RADDHO, sans utiliser le terme de prisonnier politique, avait auparavant demandé la libération de certains de ces responsables dont le maintien en prison est injustifié, selon l’ONG.
Quelques dirigeants de sociétés publiques ont été arrêtés et emprisonnés à la suite d’”audits” commandités par le président Abdoulaye Wade lors de son arrivée au pouvoir.
Mais de plus en plus de voix au sein de la société civile, de la presse et de la classe politique, y compris dans la mouvance présidentielle, s’élèvent pour dénoncer le traitement “partial” des résultats de ces audits.
Il est reproché au nouveau pouvoir de détenir injustement certains de ces anciens dirigeants de sociétés pour leur seule fidélité à l’ex-parti au pouvoir, alors que d’autres, ayant rejoint le nouveau pouvoir, sont en liberté et ne sont pas inquiétés.
Le débat sur cette affaire a été relancé avec la publication dans un journal sénégalais d’une “lettre de prison” d’Abdoul Aziz Tall, ancien patron de la Loterie nationale sénégalaise (LONASE) incarcéré depuis le 20 décembre 2001.
Selon cette lettre, les avocats de M. Tall ont obtenu le 8 mars que la justice lui accorde la liberté provisoire, décision “confirmée” en appel le 23 mai, mais qui reste à ce jour sans suite, le procureur s’étant “pourvu en cassation”, selon M. Tall.


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