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Sidy Badji, un des chefs historiques de la rébellion indépendantiste en cours depuis plus de vingt ans en Casamance (sud), est décédé lundi 26 mai à son domicile de Ziguinchor, principale ville de la région.
Sidy Badji, âgé de 83 ans, était souffrant depuis plusieurs semaines. Il est considéré comme le fondateur du «maquis» casamançais et contestait lautorité de labbé Augustin Diamacoune Senghor, actuel «président» du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC, indépendantiste).
Sidy Badji, qui sétait autoproclamé secrétaire général «par intérim» du MFDC, sétait élevé à plusieurs reprises contre des décisions prises par labbé Diamacoune, notamment lorsque le président du MFDC avait rencontré, le 4 mai dernier à la présidence à Dakar, le chef de lEtat sénégalais, Abdoulaye Wade.
Contrairement au prélat, Sidy Badji a toujours revendiqué sa participation active à la toute première manifestation des indépendantistes, en décembre 1982. Engagé sous les drapeaux de larmée coloniale en 1941, lancien chef du maquis sest «volontairement» ré-engagé dans larmée jusquaux premières années de lindépendance.
A sa libération en 1962, il a exercé divers petits métiers et revendiquait avoir milité, jusquen 1982, au sein du Parti démocratique sénégalais (PDS) du président Wade, alors parti dopposition.
Principal fondateur de laile armée du MFDC, avec un groupe de quatre autres personnes toutes disparues aujourdhui, il est resté dans le maquis pendant huit ans et est rentré à Ziguinchor en 1992, à la faveur des premiers accords de paix, signés un an auparavant.
Depuis lors, il vivait à Ziguinchor et était sous la surveillance des forces de sécurité sénégalaises. Sidy Badji était marié et père de sept enfants.
«Cest une triste nouvelle qui a plongé tout le monde dans la consternation», a déclaré labbé Augustin Diamacoune Senghor, soulignant le «poids important» de Sidy Badji «dans la région» de Casamance.
Obsèques «politiques» à Ziguinchor
Réunis à la levée du corps à lhôpital régional de Ziguinchor, en présence des autorités administratives et de labbé Augustin Diamacoune Senghor, les fidèles de Sidy Badji, fondateur de laile armée de la rébellion, ont rendu hommage à leur ancien chef.
Soulignant la «valeur de lhomme quétait Sidy Badji» qui la «formé dans le maquis», Abdoulaye Diédhiou, ancien combattant devenu «secrétaire à laile intérieure» du MFDC, a rendu hommage à loctogénaire disparu.
M. Diédhiou a notamment rappelé les derniers moments de la vie de Sidy Badji, qui, a-t-il dit, avait réuni peu avant son décès, le 22 mai, ses fidèles pour leur recommander de rester «unis».
Labbé Diamacoune a quant à lui formulé des prières pour le repos de lâme du défunt.
Après cette cérémonie, le cortège sest dirigé vers Diatock, village natal de Sidy Badji à une quarantaine de km au nord-ouest de Ziguinchor, où il a été inhumé par sa famille et ses proches.
Mais, le jour même des obsèques de Sidy Badji, un «communiqué» du MFDC, manuscrit et critiquant sévèrement lEtat du Sénégal, a été remis à la presse locale à Ziguinchor réaffirmant «le droit immémorial de la Casamance à lindépendance».
Signé de Salif Sadio, «chef dEtat-major général du maquis», plusieurs fois annoncé mort, le communiqué a dénoncé notamment la rencontre du 4 mai entre le président sénégalais et labbé Diamacoune, considéré comme «un otage» du gouvernement sénégalais.
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