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| Les évêques sénégalais,
qui avaient reçu une lettre anonyme contenant des menaces de mort
(cf. Afrique Express 286), ont rencontré le président
Abdoulaye Wade à son palais dans une tentative d’apaiser
les tensions nées de cette situation. Il s’agissait «d’une réunion de famille», a déclaré aux journalistes l’archevêque de Dakar, Théodore Adrien Sarr à l’issue de l’audience. La télévision a montré les images de l’archevêque priant pour la «paix» au Sénégal et appelant à la préservation de l’unité nationale aux côtés du président Wade. Le président a été montré par la suite priant et récitant des versets coraniques devant ses ministres, et en présence des évêques. Le 5 janvier dernier, l’Organisation nationale pour la défense des droits de l’homme (ONDH, sénégalaise) avait révélé qu’un groupe se faisant appeler «le Cercle d’acier» avait adressé à l’archevêque de Dakar une lettre contenant des menaces de mort contre les évêques sénégalais. «S’agissant des menaces proférées contre les chefs de l’Eglise du Sénégal, il est simplement inimaginable qu’elles soient inspirées ou cautionnées, même indirectement, par un responsable du pouvoir», avait déclaré le président Wade avant sa rencontre avec les évêques, se présentant «comme le rempart le plus sûr de protection de la communauté chrétienne». Plusieurs partis politiques avaient également réagi dans la presse à ces menaces contre les religieux catholiques. Pour le Parti de l’indépendance et du travail (PIT, opposition) «c’est le président de la République qui crée les tensions politiques, sociales et religieuses». Madieyna Diouf, de l’Alliance des forces du progrès (AFP, opposition), a noté quant à lui une politique de deux poids, deux mesures. Selon lui, des religieux musulmans ont déjà dénoncé les actes de violence politique, sans être inquiétés pour autant. Pour Amadou Bamba Ndiaye, du Mouvement pour le socialisme et l’unité (MSU, proche du pouvoir), ces menaces sont une «provocation cousue de fil blanc, pour discréditer les institutions et agresser notre démocratie». Selon lui, les auteurs de ce genre de lettre de menaces sont des «débiles mentaux». Les chrétiens représentent environ 4% de la population sénégalaise, musulmane à 95%. |
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