N° 288
du 17/02/2004


Sénégal

Quand le président Wade tente de récupérer ses opposants
Le parti de l’opposant et ancien ministre Djibo Ka a donné son «accord de principe» pour participer à un «gouvernement d’ouverture». Djibo Ka, leader de l’Union pour le renouveau démocratique (URD), est l’un des opposants consultés depuis le 10 février par le président Abdoulaye Wade, qui les a conviés à un «grand rassemblement national autour de l’essentiel». M. Wade a également reçu Amath Dansokho, du Parti pour l’indépendance et le travail (PIT) et prévoit de rencontrer le secrétaire général de l’Alliance des forces de progrès (AFP), Moustapha Niasse.
Le Parti socialiste (PS), ancien parti au pouvoir, n’a pas été consulté et a fait savoir qu’il n’était de toute façon pas intéressé par une participation au gouvernement.
Selon le porte-parole de l’URD, «l’accord de principe pour la participation à un gouvernement d’ouverture» donné par la direction du parti est assorti de conditions, telles que l’engagement du chef de l’Etat à entreprendre «des réformes fondamentales».
Pour l’heure, et avant son entrée éventuelle au gouvernement, l’URD est toujours membre avec les autres partis d’opposition du Cadre permanent de concertation (CPC).
Déjà en août 2003, le président Wade avait demandé à son Premier ministre, Idrissa Seck, de former «un gouvernement représentatif d’un Sénégal pluriel mais uni». Mais les opposants conviés à rejoindre le gouvernement avaient tous décliné l’offre.
Plusieurs fois ministre du président socialiste Abdou Diouf (1981-2000), Djibo Ka avait quitté le PS et fondé l’URD en 1998, avant de se présenter à l’élection présidentielle de 2000. Arrivé en 4e position, il avait appelé à voter au second tour pour Abdou Diouf, battu par Abdoulaye Wade.

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