N° 291
du 06/04/2004

Sénégal

Six présidents africains
et le chef du MFDC à Dakar pour la fête de l’indépendance
La célébration du 44e anniversaire de l’indépendance du Sénégal a réuni le 4 avril à Dakar six chefs d’Etat africains - Pedro Pires (Cap-Vert), Yahya Jammeh (Gambie), Teodoro Obiang Nguema (Guinée Equatoriale), Amadou Toumani Touré (Mali), Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya (Mauritanie) et Olusegun Obasanjo (Nigeria) - et le président du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC, mouvement séparatiste), l’abbé Augustin Diamacoune Senghor, aux côtés du président Abdoulaye Wade.
Outre les six présidents africains, la fête de l’indépendance du Sénégal, célébrée chaque 4 avril, a rassemblé des détachements militaires du Ghana, du Mali, du Maroc, de la Mauritanie, du Niger, du Togo et de la France. Ceux-ci ont participé au défilé, avec des milliers de militaires et civils sénégalais, lui donnant, selon le président Wade, «une dimension africaine et internationale».
«C’est une grande fête pour tout le pays, c’est une grande fête pour moi également», a déclaré l’abbé Augustin Diamacoune Senghor à sa sortie d’audience à la présidence.
Le prélat, entouré de quelques collaborateurs dont son frère et porte-parole, Bertrand Diamacoune, a précisé être né «le 4 avril 1928», avoir fait sa confirmation «le 4 avril 1937» et avoir été ordonné prêtre «le 4 avril 1956».
Le 1er avril, des militaires procédant à une opération de déminage ont été attaqués par des membres présumés MFDC à environ 15 km de Ziguinchor. Trois militaires ont été tués et cinq autres blessés.
«Ce sont encore trois soldats qui sont tombés sous les balles de bandits et d’autres blessés par la traîtrise», avait déclaré Abdoulaye Wade dans son message à la Nation à l’occasion de cette 44e fête de l’indépendance.
«Les desperados perdus pensent qu’ils pourront, par le banditisme, s’opposer au profond mouvement de paix entamé largement en Casamance. Ils se trompent lourdement, car rien, je dis rien, ne nous détournera de notre voie vers la paix définitive», avait-il affirmé, en précisant que cette paix était «voulue par le peuple sénégalais, l’abbé Augustin Diamacoune Senghor et la direction historique du MFDC».
La paix n’est pas encore signée en Casamance, mais la région, en proie depuis 1982 à une rébellion indépendantiste, connaît depuis quelques mois une accalmie et diverses opérations de reconstruction, de déminage et de retour de réfugiés sont en cours, bien qu’aucun accord de paix n’ait été signé entre le MFDC et le gouvernement sénégalais. .

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