- Plus de 600
délégués de l'Organisation
Internationale des Consommateurs (OIC),
réunis en congrès à Durban (est),
ont appelé à un moratoire international sur
les organismes génétiquement
modifiés (OGM).
- L'OIC, qui représente 263 organisations de
défense des consommateurs, a conclu ces
débats en notant une montée en puissance de
ces mouvements dans le monde, de plus en plus aptes et
résolus à "imposer le respect des droits
des consommateurs".
- "Nous étions une chenille, nous sommes en
train de sortir du cocon et nous allons déployer
nos ailes", a déclaré l'Australienne
Louise Sylvan, élue à Durban
nouvelle présidente de l'OIC.
- Auparavant, l'OIC avait appelé gouvernements
et institutions internationales "à imposer un
moratoire sur la culture et la mise sur le marché
de nouveaux aliments génétiquement
modifiés, jusqu'à évaluation de
l'impact social et de la sécurité".
- Ces gouvernements doivent en outre "s'abstenir de
toute tentative d'intimider d'autres gouvernements qui
résisteraient ou interdiraient les produits OGM,
sur la base de leur législation, ou de leur propre
évaluation des risques et avantages".
- L'OIC a concédé que l'usage de
biotechnologies peut fournir d'importants avantages, mais
elle souligne "les préoccupations qui demeurent
sur l'impact environnemental, social et
économique". Auparavant, des intervenants
juristes, scientifiques ou représentants de
consommateurs, ont rappelé que tous les acteurs
ont un rôle à jouer dans la vigilance face
aux OGM.
-
- Selon les chiffres d'un institut
spécialisé dans le recensement des OGM, les
cultures de plantes génétiquement
modifiées dans le monde (soja, maïs, coton et
colza surtout) ont atteint 39,9 millions d'hectares en
1999, (44% de plus qu'en 1999). 72% de ce total est
cultivé aux Etats Unis.
- L'avocat brésilien Andrea Lazzarini, auteur
dans son pays d'un procès contre le géant
agro-chimique Monsanto, a jugé que la
société civile peut aider à
résister à la pression des multinationales:
"l'une des meilleures stratégies reste pour les
consommateurs de boycotter les produits à base
d'OGM".
- Pour le Dr Suman Sahai, de l'ONG indienne Gene
Campaign, la science a aussi un rôle
déterminant à jouer en argumentant pour une
réglementation stricte. "Les preuves sont de plus
en plus fortes que nos craintes de dégâts
irréversibles, causés à
l'environnement par la modification
génétique des produits alimentaires,
étaient bel et bien fondées", a
déclaré le Dr Sahai.
-
- Ce congrès de l'OIC a été le
théâtre de virulentes attaques contre les
pays riches au sujet des droits de
propriété industrielle de
médicaments, qui condamnent les populations
malades de pays pauvres. Ancien consultant auprès
de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le
Dr Zafar Mirza a dénoncé les accords
mondiaux sur les brevets de médicaments, qui
restent sous contrôle des compagnies
pharmaceutiques pendant 20 ans. "Sur les 20
dernières années, au moins 30 nouvelles
maladies sont apparues comme Ebola, Hendra, et une
nouvelle forme de choléra, pour lesquels de
nouveaux médicaments restent à
développer", a-t-il déclaré. S'ils
sont brevetés selon les accords en vigueur, "les
gens qui ne peuvent se les offrir ne survivront pas 20
ans, le temps que les prix baissent", a-t-il
accusé.
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