- Jacques Diouf, le
directeur général de l'Organisation des
Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation
(FAO),a estimé que le tout biologique est
une "utopie" pour vaincre la faim dans le monde et,
qu'à l'inverse, les OGM (organismes
génétiquement modifiés) ne sont
pas nécessaires pour y parvenir.
- "Si l'agriculture biologique, c'est une agriculture
qui ne fait appel ni aux engrais chimiques, ni aux
pesticides, c'est de l'utopie", a déclaré
M. Diouf dans une interview à l'AFP.
- Mais, a-t-il ajouté, "pour faire face aux
besoins des 800 millions de personnes qui souffrent de
faim, on n'a pas besoin des OGM".
- "Faire une agriculture pour produire les
quantités de céréales
nécessaires au monde sans mettre des engrais
chimiques et sans mettre des pesticides ce n'est pas
possible", affirme-t-il en prônant une "lutte
biologique intégrée" afin de trouver "le
juste équilibre qui soit en harmonie avec les
règles de l'écosystème dans lequel
nous vivons".
- "Le problème qui se pose, selon lui, c'est
quel niveau d'engrais, quel niveau de pesticides
utiliser". A cet égard, il cite l'exemple de
l'Indonésie où la quantité de
pesticides à été réduite de
50% tout en augmentant de 15% la production de riz.
- "Il y a eu et il y a encore des excès en
matière d'utilisation d'engrais et de pesticides.
Il y a des excès dans la manière
d'alimenter les animaux et de prendre des herbivores pour
en faire des carnivores, des cannibales", a-t-il
regretté en évoquant les farines animales
données aux bovins et qui ont abouti à la
maladie de la vache folle.
-
- Une centaine de pays
- susceptibles d'être touchés par la
maladie de la vache folle
-
- Selon la FAO, une centaine de pays qui ont
importé des bovins ou de la viande sur os d'Europe
de l'Ouest, plus spécialement du Royaume Uni,
pendant et après les années 80, peuvent
être considérés à risque et
devraient prendre des mesures destinées à
une évaluation plus précise des dangers de
propagation de la maladie.
- "Les techniques d'aujourd'hui, les
variétés d'aujourd'hui permettent de faire
face aux besoins d'alimentation des personnes qui ont
faim", explique encore M. Diouf exemples à
l'appui. "En six ans, indique-t-il, le Vietnam est
passé de la position d'importateur net de riz
à celle de 2ème exportateur mondial de riz.
En quelques années au Ghana, la consommation
quotidienne est passée de 1.900 calories par jour
et par habitant à 2.600 calories".
- Reste que l'augmentation de 2 milliards des habitants
de la planète d'ici 2030 (de 6 milliards
aujourd'hui à 8 milliards) suppose "un
accroissement de 60% de la production alimentaire dont
80% devra venir de l'intensification des cultures".
- Convaincu que l'objectif d'une diminution de
moitié de la faim dans le monde est à
portée de main et possible d'ici 2030 si l'on veut
s'en donner les moyens et même si c'est avec 15 ans
de retard sur celui fixé par le Sommet mondial
l'alimentation de 1996, le directeur
général de la FAO entend "tirer la sonnette
d'alarme" à l'occasion du "Sommet plus cinq ans"
organisé en novembre à Rome et obtenir "une
cohérence entre les objectifs fixés et les
actions concrètes" sur le terrain. (avec AFP)
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