- La création
d'une zone monétaire par les pays de la
Communauté économique des Etats
d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) sera difficile
et ne doit pas être précipitée, selon
un rapport d'experts du Fonds monétaire
international (FMI).
- Ce rapport n'engage toutefois pas le FMI en tant que
tel et ne représente pas sa position officielle.
- Six des 15 pays membres de la CEDEAO (Gambie, Ghana,
Guinée, Liberia, Nigeria et Sierra Leone) se sont
fixé en avril 2000 l'objectif de réaliser
une zone monétaire d'ici le premier trimestre
2003.
- Cette zone serait ensuite étendue aux 9 autres
pays actuellement membres de la CEDEAO, à savoir
le Bénin, le Burkina Faso, le Cap Vert, la
Côte d'Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le
Niger, le Sénégal et le Togo.
- A l'image des membres de l'Union économique et
monétaire européenne au début des
années 90, les pays concernés se sont
fixé des "critères quantitatifs de
convergence primordiaux", notamment une inflation
inférieure à 10% en l'an 2000 et à
5% en 2003, et des déficits budgétaires
limité à 4% des PIB en 2002. Parmi les
objectifs à terme figure également une
convergence avec la zone monétaire du franc CFA.
- "Il y a de toute évidence une dimension
politique non négligeable derrière cette
initiative, mais il est important d'en examiner
attentivement les coûts et les
bénéfices économiques", estiment les
auteurs du rapport, Paul Masson et
Catherine Patillo.
- La CEDEAO se superposerait à la zone
économique et monétaire francophone (UEMOA
- Union économique et monétaire
ouest-africaine) qui réunit déjà le
Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la
Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le
Sénégal et le Togo et dont les membres
utilisent le Franc CFA.
- "Si la zone CFA a permis à ses membres de
maintenir une inflation basse, la croissance
économique des pays de l'UEMOA n'a pas
été régulièrement plus forte
que celle d'autres pays de l'Afrique sub-saharienne et
les échanges commerciaux entre ses membres restent
relativement faibles", rappellent les auteurs du rapport.
- Ils soulignent que le Nigeria se trouve, du fait de
son importance économique et démographique,
au centre de cette zone d'union monétaire de la
CEDEAO. Mais celle-ci aura besoin d'une banque centrale
ou d'une coopération étroite entre celles
de ses membres.
- Mais "le Nigeria a une tradition de forte inflation
et sa monnaie n'est pas convertible", constate le
rapport.
- "Si le but principal de cette union est de favoriser
la stabilité des taux de changes et de
l'économie, il pourrait être
préférable pour ses membres d'instituer des
mécanismes de surveillance mutuelle et de
maintenir leurs taux de change dans une fourchette,
éventuellement très étroite, de
fluctuation ou de choisir un lien avec une autre devise",
estiment Paul Masson et Catherine Patillo.
- "Un lien avec l'euro apporterait certains des
avantages d'une monnaie commune sans devoir
procéder aux adaptions institutionnelles
nécessaires", juge le rapport.
- Mais il ajoute qu'un lien avec un panier de devises
serait peut-être préférable pour
éviter les fluctuations importantes entre les
devises internationales les unes par rapport aux autres.
- "La question de savoir ou non si le Trésor
français maintiendrait la convertibilité du
franc CFA en euros se posera si une fusion avec la zone
monétaire de la CEDEAO et celle de l'UEMOA est
envisagée", indiquent les auteurs.
- "Une union monétaire n'est ni
nécessaire, ni suffisante pour réaliser
certains objectifs d'intégration régionale
et notamment le développement d'échanges
commerciaux, comme le montrent les exemples
contrastés de la zone nord-américaine de
libre-échange (ALENA) et la zone CFA".
- "Plutôt que de tenter de réaliser une
union monétaire dans un délai très
court, les pays de la région devraient consacrer
leurs énergies à faire converger leurs taux
d'inflation, leurs politiques budgétaires et les
politiques structurelles nécessaires à une
forte croissance", conclut le rapport en indiquant que
cela peut aussi être réalisé avec des
liens monétaires plus lâches qu'une union.
(afp)
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