- Plusieurs pays
africains se sont prononcé à Washington en
faveur d'une aide accrue des pays
développés de préférence
à l'annulation totale de leur dette.
- "En tant que pays pauvre je serais très
heureux de voir annuler ma dette à 100%, mais si
l'annulation à 100% signifie la faillite de ces
institutions (la Banque mondiale et le Fonds
monétaire international), ce serait tuer la poule
aux oeufs d'or", a déclaré le ministre
des Finances de Tanzanie, Basil Mramba, en
marge des réunions de printemps du FMI et de la
Banque mondiale.
- "Il faut être pragmatique et réaliste",
a ajouté Ali Badjo Gamatie, le ministre
des Finances du Niger, alors que "les esprits ne sont
pas encore près à accepter un
allègement de la dette à 100%", a
renchéri Emile Doumba, ministre des
finances du Gabon.
- Pour Ali Badjo Gamatié, le message des
manifestants et des ONG, qui réclament une
annulation de 100% de la dette, est mal compris. "Quand
ils disent qu'il faut annuler 100% de la dette, en
réalité ils disent les ressources que les
pays riches consacrent aux pays pauvres ne sont pas
suffisantes", selon lui. D'ailleurs, "même si on
annulait 100% de la dette le problème ne serait
pas résolu", a-t-il estimé, soulignant
notamment les énormes besoins en infrastructures
pour développer les capacités commerciales
de l'Afrique.
- Sur le débat récurrent de favoriser le
commerce plutôt que d'accroître l'aide, Basil
Mramba a affirmé qu'il fallait les deux mais a
estimé que "sur le moyen et long terme, le
commerce jouera un rôle plus important que l'aide".
Il s'agit d'ailleurs, selon lui, moins d'abaisser les
barrières douanières que de donner à
l'Afrique les moyens d'accéder aux marchés
industrialisés.
- "Même vendre le peu que nous avons pour le peu
que l'on nous donne est un gros problème", a-t-il
dit, faisant référence à la chute
des prix des matières premières.
- Pour autant, l'aide ne doit pas être
abandonnée, a mis en garde Peter Kuyembeh,
ministre des Finances de Sierra Leone.
- "Si le commerce devait remplacer l'aide, tout le
système d'aide serait perdu et seuls les plus
forts survivraient", a-t-il déclaré.
- Les ministres africains se sont en revanche
réjouis des changements d'attitude des deux
institutions de Bretton Woods, devenues plus flexibles et
moins dogmatiques, selon eux.
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- Les coalitions nationales de Jubilé 2OO0 de
trente pays d'Afrique, d'Europe, d'Asie et
d'Amérique ont demandé de leur
côté "l'annulation totale" de la dette des
pays pauvres, à la fin d'une rencontre qui s'est
tenue à Bamako, au Mali.
- "La dette est devenue aujourd'hui une arme politique
entre les mains des pays industrialisés pour
imposer leur vision du monde aux pays en voie de
développement", a déclaré Sada
Diarra, ancien ministre malien et
président de la Coalition malienne de
Jubilé 2OOO.
- Le collectif Jubilé 2000 regroupe plus d'un
millier d'organisations caritatives dans le monde qui
militent pour l'annulation de la dette des pays pauvres.
- "Il faudra 106 ans à l'Afrique pour rembourser
sa dette estimée à 235 milliards de
dollars", ont estimé des memebres de cette
conférence.
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