- Le ralentissement
économique mondial, en freinant la demande de
matières premières, va se répercuter
sur l'Afrique, continent qui reste frappé par la
pauvreté et les ravages du Sida, a noté le
26 septembre le Fond monétaire international
(FMI).
- Pour l'ensemble de la région, la croissance
économique devrait approcher les 4% cette
année, selon les prévisions annuelles du
FMI, qui souligne qu'un mieux est enregistré pour
l'inflation sauf pour des pays comme l'Angola, la
République démocratique du Congo, le
Zimbabwe ou encore le Nigéria.
- "Avec des exportations comptant pour plus d'un tiers
de la croissance en Afrique", le ralentissement mondial
va affaiblir les échanges commerciaux
"particulièrement ceux avec l'Europe qui absorbe
environ 40% des exportations de la région",
poursuit le rapport du FMI.
- A cela s'ajoute une dépréciation des
cours des matières premières, agricoles
(café...) ou non-agricoles (pétrole,
cuivre...), un phénomène qui pourrait
s'aggraver avec une demande plus faible des pays
développés en raison d'une croissance
économique plus faible, explique en substance le
Fonds.
- Si l'environnement économique mondial et les
cours des matières premières jouent un
rôle direct, les causes internes "jouent toujours
un rôle prédominant dans les perspectives
économiques de la plupart des pays africains",
relève le FMI.
- Pour cet organisme, "les perspectives pour
l'investissement privé, la diversification
économique et la croissance à long terme
sont généralement plus favorables dans des
pays qui ont mis en oeuvre des politiques structurelles
et macroéconomiques".
- En revanche, des performances moins bonnes, souvent
combinées avec une instabilité politique ou
des conflits internes, ont largement obéré
la croissance à long terme et en
conséquence la réduction de la
pauvreté. C'est le cas, ajoutent les experts du
Fonds, du Zimbabwe qui pourrait essuyer une
récession de plus de 8% cette année.
- Autre exemple avec la Côte d'Ivoire (baisse de
1% de la croissance du PIB) dont l'instabilité
politique récente s'est répercutée
sur les finances publiques et a contribué à
une détérioration des conditions pour les
investissements et la production, poursuit le FMI.
- Sur le plan de la dette, la participation de la
communauté internationale à l'initiative de
la réduction de la dette pour les pays les plus
pauvres (HIPC/PPTE) va déboucher sur des
économies importantes pour les budgets publics en
raison d'une baisse du montant des intérêts
à payer au titre de cet endettement. En revanche,
les dépenses de santé liées au Sida
sont en progression et déséquilibrent en
sens inverse ces budgets.
- "Pour bon nombre de pays de l'Afrique sub-saharienne,
le Sida représente la plus grande menace à
la croissance économique à moyen terme",
estime le FMI, qui salue les efforts concertés
pour alléger la facture médicale avec
l'engagement des gouvernements africains, des Nations
Unies ou encore des groupes pharmaceutiques.
- "Mais compte tenu de la taille du problème, un
énorme effort reste à faire", note le
Fonds, en évoquant notamment le
développement des infrastructures du secteur de la
santé. (afp)
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