N° 236
du 01/10/2001

Economie


L'Afrique va souffrir
du ralentissement économique mondial, selon le FMI

Le ralentissement économique mondial, en freinant la demande de matières premières, va se répercuter sur l'Afrique, continent qui reste frappé par la pauvreté et les ravages du Sida, a noté le 26 septembre le Fond monétaire international (FMI).
Pour l'ensemble de la région, la croissance économique devrait approcher les 4% cette année, selon les prévisions annuelles du FMI, qui souligne qu'un mieux est enregistré pour l'inflation sauf pour des pays comme l'Angola, la République démocratique du Congo, le Zimbabwe ou encore le Nigéria.
"Avec des exportations comptant pour plus d'un tiers de la croissance en Afrique", le ralentissement mondial va affaiblir les échanges commerciaux "particulièrement ceux avec l'Europe qui absorbe environ 40% des exportations de la région", poursuit le rapport du FMI.
A cela s'ajoute une dépréciation des cours des matières premières, agricoles (café...) ou non-agricoles (pétrole, cuivre...), un phénomène qui pourrait s'aggraver avec une demande plus faible des pays développés en raison d'une croissance économique plus faible, explique en substance le Fonds.
Si l'environnement économique mondial et les cours des matières premières jouent un rôle direct, les causes internes "jouent toujours un rôle prédominant dans les perspectives économiques de la plupart des pays africains", relève le FMI.
Pour cet organisme, "les perspectives pour l'investissement privé, la diversification économique et la croissance à long terme sont généralement plus favorables dans des pays qui ont mis en oeuvre des politiques structurelles et macroéconomiques".
En revanche, des performances moins bonnes, souvent combinées avec une instabilité politique ou des conflits internes, ont largement obéré la croissance à long terme et en conséquence la réduction de la pauvreté. C'est le cas, ajoutent les experts du Fonds, du Zimbabwe qui pourrait essuyer une récession de plus de 8% cette année.
Autre exemple avec la Côte d'Ivoire (baisse de 1% de la croissance du PIB) dont l'instabilité politique récente s'est répercutée sur les finances publiques et a contribué à une détérioration des conditions pour les investissements et la production, poursuit le FMI.
Sur le plan de la dette, la participation de la communauté internationale à l'initiative de la réduction de la dette pour les pays les plus pauvres (HIPC/PPTE) va déboucher sur des économies importantes pour les budgets publics en raison d'une baisse du montant des intérêts à payer au titre de cet endettement. En revanche, les dépenses de santé liées au Sida sont en progression et déséquilibrent en sens inverse ces budgets.
"Pour bon nombre de pays de l'Afrique sub-saharienne, le Sida représente la plus grande menace à la croissance économique à moyen terme", estime le FMI, qui salue les efforts concertés pour alléger la facture médicale avec l'engagement des gouvernements africains, des Nations Unies ou encore des groupes pharmaceutiques.
"Mais compte tenu de la taille du problème, un énorme effort reste à faire", note le Fonds, en évoquant notamment le développement des infrastructures du secteur de la santé. (afp)


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