N° 236
du 01/10/2001

Economie


Zone Franc:
Croissance de 2,4% en 2000, 3% en 2001

Les pays africains de la zone franc ont connu en moyenne une croissance de 2,4% en 2000 qui devrait atteindre 3% en 2001, a indiqué le comité monétaire de la zone franc dans un rapport publié par la Banque de France.
Le taux de croissance moyen de 2000 cache une évolution économique contrastée: les pays d'Afrique de l'Ouest ont accusé un net ralentissement de l'activité tandis que ceux d'Afrique centrale ont bénéficié d'un regain de croissance, souligne le comité monétaire de la Zone franc dans son rapport.
Par ailleurs, cette croissance de 2,4% a été plus modérée que celle de l'Afrique sub-saharienne, relève-t-il.
"Les tendances à l'oeuvre en 2000 devraient se prolonger au cours de l'exercice 2001", prévoit aussi le comité monétaire.
Ainsi, les pays de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) vont continuer à être affectés par la faiblesse des cours des produits tropicaux, la restructuration des filières d'exportation et "l'attentisme des investisseurs en Côte d'Ivoire", indique-t-il.
En 2001, les pays de l'UEMOA devraient connaître une croissance moyenne de 3%, selon le rapport du comité.
En revanche, les pays de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (CEMAC) devraient bénéficier cette année de l'orientation favorable des cours pétroliers et connaître une croissance plus soutenue.
Toutefois, entre 1994 et 2000, les pays de la zone franc ont connu une croissance moyenne de 4,5% environ, ce qui reste inférieur au seuil de 7% jugé nécessaire par la Banque mondiale pour entraîner une réduction de la pauvreté.
"La lutte contre la pauvreté doit donc s'inscrire dans une stratégie de développement allant au-delà de la sanctuarisation des dépenses sociales", recommande le comité.
Ainsi, selon lui, la stratégie doit prendre en compte l'ensemble des variables concourant à une croissance forte et durable: promotion de l'épargne, promotion de l'investissement, diversification des productions.
Tout ceci doit s'accompagner d'une meilleure répartition des revenus, destinée à favoriser la stabilité sociale et à soutenir la consommation des ménages.
Cette stratégie peut être soutenue par le programme d'allégement de la dette de la Banque mondiale, à laquelle huit pays de la zone franc participent déjà, souligne le comité.
Le rapport souligne également qu'en dépit de leurs résultats économiques contrastés, les pays de la zone franc ont poursuivi leur stratégie d'intégration régionale "ce qui constitue également un facteur important d'accélération de développement".
Mais, "au-delà des avancées institutionnelles, les mécanismes de la zone franc continuent de jouer un rôle stabilisateur essentiel pour la cohésion de la zone", se félicite le comité, qui met en avant la solidarité dont font preuve les pays de la zone entre eux.
Cette solidarité se traduit en particulier par la mise en commun de réserves de change dans chacune des zones d'émission, ce qui incite davantage à une gestion rigoureuse des finances publiques, estime le comité.
Les pays africains de la zone franc regroupent les membres de l'UEMOA (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée Bissau depuis avril 1997, Mali, Niger, Sénégal et Togo) ainsi que les pays membres de la CEMAC (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) et les Comores. (afp)


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