- Une conférence
qui s'est tenue à Gaborone au Botswana sur la
lutte contre le commerce illicite des "diamants de la
guerre" s'est achevée le 30 novembre avec un
accord sur la teneur d'un système de
certification internationale des pierres, avec
l'objectif d'une mise en place d'ici fin 2002.
- Six ministres et des représentants de pays
producteurs, importateurs ou exportateurs ont convenu
dans le communiqué final que le contenu technique
de leurs travaux à huis clos "fournit une bonne
base pour le système envisagé" de
certification de l'origine légale des diamants en
circulation.
- Les participants de la réunion, dans la
cadre du processus dit "de Kimberley" - forum
international mandaté pour mettre un terme au
trafic de diamants alimentant conflits et
rébellions - ont appelé les pays qui le
peuvent à appliquer d'ores et déjà
les modalités du système de certification,
sur lesquelles l'accord est intervenu.
- Les ministres n'ont pas dévoilé le
détail de ces modalités techniques, mais la
présidence de la réunion a
évoqué l'usage de containers et
scellés successifs obligatoires, pour
éviter la "contamination" de diamants
légalement exportés par des pierres
illicites.
- La déclaration de Gaborone encourage les
autres pays à le faire d'ici juin 2002. Ils
affirment leur "intention" d'avoir le système de
certification "pleinement en application d'ici la fin
2002".
- Les participants s'engagent à soumettre
"immédiatement" un rapport sur leur travaux aux
Nations Unies et recommandent à l'ONU d'agir pour
entériner et "soutenir la mise en application du
système international de certification".
- Selon la ministre sud-africaine des Affaires
minérales, Phumzile Mlambo-Ngcuka,
l'Assemblée générale de l'ONU
devrait ratifier le document issu de Gaborone assez
rapidement.
- Ministres et délégués à
Gaborone ont toutefois souligné que plusieurs
questions restaient à résoudre avant qu'un
système international de certification soit
opérationnel, en particulier celle des sanctions
contre un Etat contrevenant, et celle du financement d'un
mécanisme de contrôle.
- La déclaration reconnaît aussi qu'"un
système de certification des diamants bruts ne
sera crédible que si tous les participants ont
établi des systèmes internes de
contrôle destinés à éliminer
le commerce des diamants de guerre sur leur propre
territoire".
- Mme Mlambo-Ngcuka a aussi noté le besoin de
s'assurer que les mécanismes de contrôle
soient "compatibles avec les lois internationales
gouvernant le commerce" et respectent "les notions de
souveraineté d'Etat, d'égalité et de
respect mutuel".
-
- Un collectif d'organisations non-gouvernementales
associées au "processus de Kimberley",
présentes aux travaux de Gaborone, a
rappelé que "tout accord devra être
légalement contraignant, et pour cela le processus
de certification devrait faire l'objet d'une
résolution du Conseil de sécurité de
l'ONU". "Nous exhortons tous les membres du processus de
Kimberley à poursuivre cet objectif avec la
même urgence que celle manifestée par la
communauté internationale en vue d'une
résolution du Conseil de sécurité
sur le financement du terrorisme", a
déclaré le collectif, qui comprend les
ONG Global Witness, Fatal Transactions, et
Partnership Africa Canada.
- Le ministre sierra-léonais des Affaires
minérales, Alhadji Muhammad a
souligné l'urgence d'un système de
certification en place, soulignant qu'en dépit
d'une certification en place dans son pays, il demeure
"des brèches" dans lesquelles "le commerce
illicite de diamants continue. Il est important de fermer
ces brèches avant qu'il n'alimente une nouvelle
guerre".
- Le département d'Etat américain s'est
félicité des résultats de la
rencontre de Gaborone, saluant "une série de pas
significatifs". La Chambre des représentants vient
d'adopter un projet de loi donnant pouvoir au
président américain pour imposer des
sanctions contre des pays manquant à leurs
obligations de contrôle de la provenance des
diamants.
- Les ministres chargés des Affaires
minérales d'Afrique du Sud, du Botswana, d'Angola,
de République démocratique du Congo, de
Sierra Leone et de Tanzanie étaient
présents à Gaborone.
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