- Les pays du Sud ont
revendiqué le "droit de vivre" et l'accès
aux médicaments, et des ONG ont avancé des
propositions en ce sens, lors de la seule
conférence du Forum social consacrée
à la santé.
- Un constat a ouvert la discussion: 72% de la
population mondiale vit dans des pays en voie de
développement (PVD), qui représentent
7% des ventes de médicaments: un tiers de
l'humanité n'a pas accès aux
médicaments et dans certains pays d'Afrique et
d'Asie, ce taux dépasse 50%.
- Pour Michel Lotrowska, de Médecins sans
frontières, les accusés sont les grands
laboratoires pharmaceutiques qui délaissent la
recherche sur les maladies touchant ces pays: "entre 1979
et 2002, seul 1% des nouvelles molécules (à
la base de médicaments) concernent des maladies
tropicales".
- "Pour la malaria, la maladie du sommeil, nous
utilisons des médicaments d'il y a quarante ans",
a souligné M. Lotrowska, "et il n'existe pas de
médicament pour la dengue, dont une
épidémie sévit en ce moment à
Rio de Janeiro".
- Par ailleurs, la production de médicaments
génériques &emdash;copie d'une
molécule tombée dans le domaine public et
vendue beaucoup moins cher&emdash; est
considérablement entravée par
l'Organisation mondiale du commerce (OMC), selon M.
Lotrowska.
- L'OMC impose aux pays qui veulent y adhérer la
ratification d'un traité sur la
propriété intellectuelle qui englobe les
brevets (TRIPS). "Or, 99% des brevets mondiaux
appartiennent à des individus ou des entreprises
des pays riches", a-t-il relevé.
- "Un médicament que Pfizer peut vendre 29 cents
en Thaïlande et 27,60 dollars au Guatemala montre
qu'il n'y a aucune transparence dans les prix. Le
marché global n'est pas un marché libre
mais un marché organisé pour le profit des
multinationales", a estimé Adrian Lovitt, d'Oxfam.
- Dans ce contexte, la possibilité de casser un
brevet en cas d'urgence sanitaire comme pour la
pandémie du sida en Afrique, obtenue au sommet de
l'OMC à Doha (Qatar), fait figure de "victoire"
pour les pays du Sud. "Il faut maintenant pousser les
gouvernements à s'en saisir et s'occuper de
l'importation de médicaments
génériques dans les pays qui ne peuvent pas
en produire", a ajouté M. Lovitt.
- "Ce n'est pas qu'une question de conquérir un
médicament, nous demandons le droit de base de
continuer à vivre", a déclaré Mario
Schaffer, représentant du Groupe pour la vie, une
association brésilienne de lutte contre le sida.
"Il faut définir quels médicaments sont
nécessaires à la préservation de la
vie et faire de leur accès un droit fondamental",
a ajouté M. Schaffer, ce qui implique
"d'empêcher certaines molécules d'être
brevetées".
- Petite lueur d'espoir, l'Organisation mondiale de la
santé (OMS) devrait ajouter à sa liste de
"médicaments essentiels" les rétroviraux,
qui combattent le virus du sida.
- Pour déjouer les stratégies des
multinationales pharmaceutiques, M. Schaffer
préconise aussi la création d'une "banque
publique de comparaison des prix et d'un fonds mondial de
recherche". Une idée qui a recueilli
l'adhésion du représenant d'Oxfam. Ce
dernier a également mis l'accent sur la
"nécessaire augmentation des aides aux PVD" pour
leur permetrre de développer non seulement des
politiques sanitaires mais aussi les infrastructures et
les industries afférentes. Enfin, M. Lovitt a
plaidé pour l'annulation de la dette
extérieure des PVD qui en règle
générale dépensent plus pour
rembourser leur dette que pour la santé. (avec
AFP)
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