- Les leaders politiques
et économiques de la planète ont
bouclé lundi 4 janvier cinq jours de
débats au forum économique mondial aux
cours desquels ont été discutés la
lutte contre la pauvreté, le conflit
israélo-palestinien, la crise en Argentine mais
aussi les moyens de gérer la colère
anti-mondialiste.
- Déplacé exceptionnellement de la
station de sports d'hiver de Davos, en Suisse, à
New York, en signe de soutien à la ville
frappée par les attentats du 11 septembre, le
forum économique mondial s'est toutefois
donné un ton plus humaniste.
- Difficile pour ces grands leaders d'occulter
l'actualité chaude, soit le terrorisme, la guerre
et la récession économique, difficile aussi
d'éviter des thèmes récurrents comme
la répartition plus équitable des richesses
ou la mondialisation quand se tenait au même moment
le forum social mondial à Porto Alegre au
Brésil.
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- Comme l'a noté le secrétaire
général des Nations Unies, Koffi
Annan, lors de la séance de clôture,
"les forces de convoitise, de désespoir et de
terreur dans le monde aujourd'hui sont plus fortes que ce
que l'on peut imaginer". Le secrétaire d'Etat
américain Colin Powell a assuré: "Le
terrorisme se développe là où
règnent la pauvreté et le
désespoir", et la présidente philippine
Gloria Arroyo a associé la pauvreté
à "la servante du terrorisme". Pour le chancelier
allemand Gerhard Schroeder, "la lutte contre le
terrorisme ne réussira à long terme que si
elle est menée sous le signe d'une plus grande
justice mondiale".
- Une idée inlassablement défendue par
Bono, le chanteur du groupe de rock irlandais U2, aux
côtés du milliardaire Bill Gates qui
a une nouvelle fois poussé les riches à
s'engager dans un vaste programme de santé dans
les pays pauvres d'Afrique. Jusqu'au dernier jour,
Jeffrey Sachs, professeur d'économie
à l'Université d'Harvard, aura tenté
de réveiller les pays riches sur l'urgence de
financer la recherche pour sauver de la mort les 65
millions de personnes infectées par le virus du
SIDA.
- Le conflit israélo-palestinien a
également préoccupé le forum.
Shimon Peres, ministre israélien des
Affaires étrangères, a confié avoir
eu "des discussions avec les gens autour d'Arafat" et a
parlé d'"une lueur d'espoir".
- Dans un forum où la représentation
américaine était largement dominante, le
rôle des Etats-Unis dans l'anémie de
l'économie mondiale a été amplement
commenté. Paul O'Neill, le
secrétaire américain au Trésor, a
affiché son optimisme sur une reprise de
l'économie américaine, une assurance mise
en doute par Laurent Fabius, le ministre français
de l'Economie, qui n'est "pas sûr" que la reprise
aux Etats-Unis sera "aussi rapide et aussi forte que
certaines personnes le disent".
- Toujours sur le volet économique du forum, les
responsables sud-américains ont attiré
l'attention du forum sur les risque de contagion de la
crise argentine. Face à cette menace, Alejandro
Toledo, le président du Pérou, a
plaidé pour un plan de sauvetage international de
l'Argentine.
- Enfin, les responsables politiques et
économiques ont abordé le dossier de la
mondialisation et la nécessité de faire de
la pédagogie auprès des opposants. Bill
Gates a ainsi noté que le commerce international,
dans le cadre de l'OMC, était favorable aux pays
les plus riches et que "la présence des
manifestants dans les rues étaient plutôt
une bonne chose, car ils soulèvent des questions
que le monde riche ne prend pas assez en compte".
-
- A New York, les protestations anti-mondialisation ont
été limitées en raison du nombre
relativement faible des manifestants et de
l'impressionnant dispositif policier mis en place.
- Les grands leaders mondiaux n'ont pas
été insensibles à la place
grandissante prise par le contre-forum à Porto
Alegre et le président Toledo a demandé
qu'un dialogue s'instaure entre les deux rencontres
annuelles, jugeant indispensable de donner "un visage
humain à la mondialisation et à la
concurrence". (avec AFP)
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