N° 244
du 06/02/2002

Economie


Sans recettes miracles
Le forum économique de New York
a fait le tour des problèmes mondiaux

Les leaders politiques et économiques de la planète ont bouclé lundi 4 janvier cinq jours de débats au forum économique mondial aux cours desquels ont été discutés la lutte contre la pauvreté, le conflit israélo-palestinien, la crise en Argentine mais aussi les moyens de gérer la colère anti-mondialiste.
Déplacé exceptionnellement de la station de sports d'hiver de Davos, en Suisse, à New York, en signe de soutien à la ville frappée par les attentats du 11 septembre, le forum économique mondial s'est toutefois donné un ton plus humaniste.
Difficile pour ces grands leaders d'occulter l'actualité chaude, soit le terrorisme, la guerre et la récession économique, difficile aussi d'éviter des thèmes récurrents comme la répartition plus équitable des richesses ou la mondialisation quand se tenait au même moment le forum social mondial à Porto Alegre au Brésil.
 
Comme l'a noté le secrétaire général des Nations Unies, Koffi Annan, lors de la séance de clôture, "les forces de convoitise, de désespoir et de terreur dans le monde aujourd'hui sont plus fortes que ce que l'on peut imaginer". Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a assuré: "Le terrorisme se développe là où règnent la pauvreté et le désespoir", et la présidente philippine Gloria Arroyo a associé la pauvreté à "la servante du terrorisme". Pour le chancelier allemand Gerhard Schroeder, "la lutte contre le terrorisme ne réussira à long terme que si elle est menée sous le signe d'une plus grande justice mondiale".
Une idée inlassablement défendue par Bono, le chanteur du groupe de rock irlandais U2, aux côtés du milliardaire Bill Gates qui a une nouvelle fois poussé les riches à s'engager dans un vaste programme de santé dans les pays pauvres d'Afrique. Jusqu'au dernier jour, Jeffrey Sachs, professeur d'économie à l'Université d'Harvard, aura tenté de réveiller les pays riches sur l'urgence de financer la recherche pour sauver de la mort les 65 millions de personnes infectées par le virus du SIDA.
Le conflit israélo-palestinien a également préoccupé le forum. Shimon Peres, ministre israélien des Affaires étrangères, a confié avoir eu "des discussions avec les gens autour d'Arafat" et a parlé d'"une lueur d'espoir".
Dans un forum où la représentation américaine était largement dominante, le rôle des Etats-Unis dans l'anémie de l'économie mondiale a été amplement commenté. Paul O'Neill, le secrétaire américain au Trésor, a affiché son optimisme sur une reprise de l'économie américaine, une assurance mise en doute par Laurent Fabius, le ministre français de l'Economie, qui n'est "pas sûr" que la reprise aux Etats-Unis sera "aussi rapide et aussi forte que certaines personnes le disent".
Toujours sur le volet économique du forum, les responsables sud-américains ont attiré l'attention du forum sur les risque de contagion de la crise argentine. Face à cette menace, Alejandro Toledo, le président du Pérou, a plaidé pour un plan de sauvetage international de l'Argentine.
Enfin, les responsables politiques et économiques ont abordé le dossier de la mondialisation et la nécessité de faire de la pédagogie auprès des opposants. Bill Gates a ainsi noté que le commerce international, dans le cadre de l'OMC, était favorable aux pays les plus riches et que "la présence des manifestants dans les rues étaient plutôt une bonne chose, car ils soulèvent des questions que le monde riche ne prend pas assez en compte".
 
A New York, les protestations anti-mondialisation ont été limitées en raison du nombre relativement faible des manifestants et de l'impressionnant dispositif policier mis en place.
Les grands leaders mondiaux n'ont pas été insensibles à la place grandissante prise par le contre-forum à Porto Alegre et le président Toledo a demandé qu'un dialogue s'instaure entre les deux rencontres annuelles, jugeant indispensable de donner "un visage humain à la mondialisation et à la concurrence". (avec AFP)


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