- Le secrétaire
général des Nations Unies, Kofi
Annan a mis en garde les chefs d'entreprises
réunis au Forum économique mondial à
New York sur le danger, pour l'économie mondiale,
d'ignorer la pauvreté dans le monde.
- "La désagréable vérité
est que les marchés accordent une prime au
succès et tendent à punir les pauvres pour
le seul fait qu'ils sont pauvres," a
déclaré Annan lors du discours de
clôture du Forum.
- Les investissements des entreprises doivent tenir
compte des questions de pauvreté et de
santé dans les pays les plus pauvres qui ont en
outre besoin d'être aidés pour attirer ces
investissements, a souligné Annan.
- Les pays riches doivent en outre ouvrir aux pays en
développement leurs marchés agricoles
subventionnés. Tout en doublant leur aide au
développement pour la faire passer de 50 à
100 milliards de dollars, alors que de nombreux pays
n'atteignent pas le taux de 0,7% du Produit national brut
(PNB) que l'Onu recommande de consacré à
l'aide au développement.
- Les Etats-Unis consacrent environ 0,1% de leur PNB de
10.000 milliards de dollars à l'aide au
développement, soit une aide par tête
inférieure à celle de la plupart des autres
pays industrialisés.
- "Toutes ces questions ne peuvent plus être
réglées dans des réunions
privées entre riches et puissants. Les pays en
développement doivent avoir une participation
aussi importante que les autres dans l'avenir de
l'économie mondiale" a encore dit le SG de l'Onu.
- Kofi Annan s'est aussi efforcé de rapprocher
le fossé qui sépare le Forum de New York du
Forum social mondial de Porto Alegre, au Brésil.
Plusieurs responsables de l'Onu, comme Juan
Somavia, à la tête de l'Organisation
internationale de travail et Mary Robinson,
Haut commissaire pour les Droits de l'Homme, ont
d'ailleurs assisté aux deux manifestations.
- La réunion de Porto Alegre, a souligné
Annan, est conçue comme une critique du Forum de
New York en partant de l'hypothèse que le monde
des affaires n'est intéressé que par le
profit. "Je pense que cette perception est erronée
et que la mondialisation, loin d'être la cause de
la pauvreté et des autres maux sociaux, offre le
meilleur espoir de les surmonter" a-t-il
estimé,ajoutant : "Mais c'est à vous de
prouver que c'est faux."
- Sinon, a-t-il estimé, les pays pauvres
pourraient s'enfoncer dans la guerre et menacer la
stabilité mondiale et, de ce fait, la santé
de l'économie mondiale.
- "Laissés à leur pauvreté, ces
pays ont les plus grandes chances de tomber ou de
retomber dans le conflit et l'anarchie, une menace pour
leurs voisins et une menace potentielle pour la
sécurité mondiale comme les
événements du 11 septembre nous l'ont
brutalement rappelé" a-til encore
déclaré.
- Alors qu'un milliard d'habitants de la planète
vit avec moins d'un dollar par jour, l'aide au
développement doit être accompagnée
par le commerce ainsi que par un allégement de la
dette, a ajouté Annan, en soulignant que seulement
une poignée de pays en développement
attiraient les investisseurs étrangers.
- Quant aux groupes pharmaceutiques, ils feraient bien
de s'intéresser aux produits à bas
coûts, nécessaires à la
prévention des maladies, a-t-il dit relevant lui
aussi qu'entre 1975 et 1997, seulement 13 des 1.233
médicaments brevetés étaient
destinés aux maladies tropicales.
- "L'investissement dans la santé des pauvres
est un tremplin pour la croissance économique,
avec un retour sur investissement multiplié par
six," a affirmé Annan. Si en plus la
charité devient rentable... (avec Reuters)
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