N° 244
du 06/02/2002

Economie


Les pays du Sud proposeront leur propre G8

Les pays du Sud proposeront leur propre G8 pour contrecarrer l'hégémonie des plus grandes puissances, a annoncé l'universitaire brésilien Emir Sader, l'un des organisateurs du Forum social mondial de Porto Alegre, spécialiste en relations internationales.
A l'issue d'une conférence sur le thème "Souveraineté, Nation, Etat", M. Sader, a précisé que "l'idée de la mise en place d'un G8 avec des pays comme l'Inde, la Chine et le Brésil fait son chemin et est déjà un consensus au sein du Parti des travailleurs" (PT, gauche) brésilien, dont il est proche.
La démocratisation de l'Organisation des Nations unies "avec la fin des membres permanents du Conseil de sécurité et du droit de veto" sont deux demandes explicites de la résolution finale de porto Alegre, a expliqué l'universitaire. Les conférenciers ont relevé "qu'aucun pays" ne s'était opposé à la remilitarisation des Etats-Unis sous prétexte de lutte contre le terrorisme.
Les intervenants ont dénoncé la guerre contre l'Afghanistan, présentée par Washington comme celle du "bien contre le mal", donc "éthique", alors qu'elle est selon eux bel et bien "politique". Ils ont tous condamné l'hégémonie nord-américaine.
Michael Hardt s'est dit "quelque peu mal à l'aise" d'être américain pour parler d'anti-américanisme. Pour l'auteur du livre "Empire" (avec l'italien Toni Negri), l'hégémonie n'est plus seulement américaine mais fait partie d'un réseau qui inclut l'Europe avec le G8 et les institutions telles que le FMI, la Banque mondiale et l'OMC.
M. Hardt a comparé ce nouvel "empire contemporain" à l'Empire romain car "le FMI et les multinationales exercent un pouvoir aristocratique". Il en conclut que le peuple américain souffre "lui aussi du manque de souveraineté de l'Etat-nation". Lors d'une courte prise de parole, le député vert européen Alain Liepietz a estimé que les Etats-Unis avaient donné une "très sévère leçon" au monde sur ce qu'est le souverainisme. Il s'est demandé sur quelle base on pourrait désormais fonder un internationalisme favorable aux intérêts populaires et à la préservation de la planète. Le député français a suggéré la "création d'un tribunal pour régler les conflits armés".


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