N°256
du 02/10/2002

Economie


Coton
L’ONG Oxfam met en accusation les subventions américaines

Les subventions des Etats-Unis à leurs producteurs de coton mènent à la ruine de nombreux agriculteurs dans les pays en développement, particulièrement en Afrique, selon un rapport de l’ONG Oxfam International, publié à Genève.
Oxfam a lancé cette étude au moment où le Brésil s’apprête à porter plainte devant l’OMC pour le préjudice causé à ses producteurs de coton, du fait des subsides accordés par le gouvernement américain à ses propres exploitants.
Selon Oxfam, le soutien annuel du gouvernement américain à 25.000 producteurs de coton aux Etats-Unis s’élève à 3,9 milliards de dollars, soit plus de trois fois le montant total de l’Aide publique américaine aux 500 millions d’habitants de l’Afrique.
“Les Etats-Unis se font passer pour le premier partisan d’une libéralisation des échanges commerciaux, mais lorsqu’un petit producteur de coton malien essaie de vendre sa production sur le marché mondial, il entre en compétition avec un coton américain massivement subventionné”, accuse encore Romain Benicchio, représentant d’Oxfam à Genève.
Les subventions américaines sont conçues pour bénéficier principalement aux plus grosses exploitations.
L’ONG britannique relève que plus de dix millions de personnes dans l’ouest et le centre de l’Afrique dépendent directement du coton, source de revenu majeur pour des pays tels que le Mali, le Burkina Faso ou le Bénin. Et Oxfam de mettre en exergue quelques comparaisons bien choquantes : le montant total des subventions américaines au coton est supérieur au produit national brut (PNB) du Burkina Faso, où deux millions de personnes dépendent du secteur cotonier.
Selon des évaluations citées par l’étude, le retrait des subventions américaines permettrait de faire remonter les prix internationaux du coton de 0,11 dollar par livre.
Ces prix ont chuté à leur plus bas niveau depuis la grande crise des années 1930, et Oxfam estime que les subventions des Etats-Unis ont contribué à les pousser à la baisse.

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