N°256
du 02/10/2002

Economie


Zone franc/croissance 2002
On est bien loin des 7% nécessaires pour juguler la pauvreté

4% en Afrique de l’ouest, 5,7% en Afrique centrale

Les pays africains de la zone franc devraient connaître en 2002 une croissance de 4% pour les pays d’Afrique de l’ouest et 5,7% pour ceux d’Afrique centrale, a indiqué le 20 septembre le Comité monétaire de la Zone franc.
Ces prévisions dépendent toutefois de plusieurs facteurs, notamment “la confirmation de la reprise de l’économie ivoirienne”, indique le rapport du comité monétaire, publié par la Banque de France.
Le comité monétaire précise cependant que “sur une moyenne période, la croissance reste inférieure au seuil de 7% jugé nécessaire par la Banque mondiale pour entraîner une réduction de la pauvreté”.
“Le développement économique et la lutte contre la pauvreté requièrent la mise en œuvre d’une stratégie qui favorise une croissance plus forte” avec “des investissements productifs et une association plus étroite du secteur privé”, selon le rapport, qui juge le Nouveau partenariat pour le développement africain (NEPAD) particulièrement adapté à cette stratégie.
En 2001, les pays africains de la zone franc (PAZF) ont connu en moyenne une croissance de 4,2%, supérieure à celle de l’Afrique sub-saharienne dans son ensemble (3,4%), selon le rapport. Les PAZF d’Afrique de l’Ouest (UEMOA) ont ainsi connu une croissance de 2,9% (contre 0,9% en 2000), et ceux d’Afrique centrale (CEMAC) de 5,7% (contre 3,4% en 2000).
“Dans les pays de l’UEMOA, l’accélération de la croissance s’explique par le dynamisme du secteur primaire (agriculture), qui est resté le principal moteur d’activité”, même si elle reste “en deçà du rythme moyen (+4,4%) observé entre 1995 et 2000, en raison notamment du recul de l’activité en Côte d’Ivoire”, note le comité monétaire.
En Côte d’Ivoire, qui “représente près de 40% du PIB de l’UEMOA, les récoltes de café et de cacao ont sensiblement régressé en volume, alors que le secteur industriel a également vu son activité s’effriter”.
En Afrique centrale, “le secteur des services a été le principal moteur de la croissance des pays de la CEMAC, “du fait de l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages, liée à la création de nombreux emplois induits par la construction de l’oléoduc de Doba-Kribi (Tchad/Cameroun) et d’autres grands travaux”.
“Cette évolution s’est manifestée notamment par le développement de la téléphonie mobile et des transports”, alors que “la production de pétrole a augmenté de 5,7%”, selon le rapport, qui estime que “les investissements du secteur pétrolier ont apporté une contribution notable à la hausse du PIB” dans des pays comme le Cameroun, le Togo, le Gabon, la Guinée Equatoriale ou le Tchad.
“Comme en 2000, les PAZF ont subi en 2001 des chocs exogènes dus à des fortes variations des termes de l’échange”, notamment la baisse des cours du pétrole, du coton et des denrées tropicales, selon le comité monétaire.
“Dans un environnement international peu favorable, les PAZF sont parvenus à maintenir une relative stabilité macro-économique”, avec “une inflation qui apparaît relativement modérée dans chacune des deux unions sous-régionales” (4,1% pour l’UEMOA, 4,2% pour la CEMAC), en raison notamment de l’ancrage des francs CFA et comorien à l’Euro, toujours selon le rapport.

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