- Les chefs d’Etat africains
qui ont adhéré au NEPAD s’arrachent
les cheveux pour trouver des critères rendant leurs pays dignes
de capter des investissements privés dans divers projets concourants,
a priori, à un réel développement. Ils viennent
de mettre sur pied un comité d’évaluation de la
«bonne gouvernance» (p. 20).
Il y a d’autres indicateurs que les «Népadistes»
ne devraient pas avoir peur d’examiner pour évaluer la
stabilité de leurs pays, comme par exemple la situation et le
nombre de réfugiés dans leur région. Et pas seulement
chaque 20 juin, qui marque la «Journée mondiale des réfugiés»,
instaurée par les Nations Unies.
Le 8 mars prochain, le Haut commissariat de l’Onu pour
les réfugiés (HCR) devrait lancer un vaste projet
pour le rapatriement de deux millions de réfugiés dans
neuf pays d’Afrique qui sortent de conflits ou de guerres civiles.
L’événement est tellement rare qu’il y a de
quoi s’en réjouir. Les neuf pays concernés sont
l’Angola, la Sierra Leone, le Liberia, le Soudan (Sud), l’Erythrée,
la Somalie, le Burundi, le Rwanda et la République démocratique
du Congo.
Selon les statistiques du HCR, près de 3,3 millions d’Africains
ont été chassés de leur pays par des persécutions
ou des conflits et dépendent désormais de l’aide
internationale, tandis que 715.000 autres ont été déplacés
à l’intérieur de leur propre pays.
Tout en se montrant optimiste, le porte-parole du HCR, Ron
Redmond, n’en a pas moins rappelé une
récente étude de la Banque mondiale selon laquelle plus
de la moitié des processus de paix lancés en Afrique au
cours des dernières décennies avaient échoué
en moins de cinq ans, par manque d’attention de la part de la
communauté internationale.
Les «Népadistes» devraient avoir en mémoire
quelques données pour le moins significatives pour qui veut bien
mettre en balance stabilité politique et développement.
En voici quelques unes au hasard de l’actualité de ce seul
mois de février 2004.
L’Union européenne alloue pratiquement chaque année
une aide humanitaire de 15 millions d’euros destinée aux
quelque 800.000 réfugiés accueillis en Tanzanie.
Si l’espoir pointe à l’horizon du Sud-Soudan en raison
d’un probable accord de paix entre les rebelles de la SPLA et
le gouvernement de Khartoum, le ciel est plutôt très, très
sombre, du côté de l’Ouest soudanais, où les
affrontements entre la rébellion et l’armée ont
provoqué le déplacement de plus de 600.000 personnes au
Soudan même, sans compter les quelque 100 000 réfugiés
qui ont fui au Tchad voisin.
Début février, la Zambie a vu venir un nouvel afflux de
réfugiés en provenance de RD Congo, alors que ce pays
accueille déjà 50 000 Congolais.
Que dire de la situation dans le nord de l’Ouganda, où
la guerre qui oppose depuis 1986 l’armée à la rébellion
de l’Armée de résistance du seigneur (LRA),
a provoqué le déplacement de plus d’un million de
civils ?
Médecins sans frontières (MSF) vient
de lancer un programme d’urgence pour cette zone, estimant qu’au
moins 33.000 déplacés souffrent du manque de soins et
du manque d’eau.
A Gulu, toujours dans le nord de l’Ouganda et toujours selon MSF,
chaque nuit quelque 15.000 enfants se réfugient chaque nuit dans
des camps pour éviter d’être enlevés par les
rebelles de la LRA.
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