N° 232
du 16/07/2001

OUA / UA (Union Africaine)


37 ème Sommet de l'OUA à Lusaka
Où sont les îles enchanteresses ?

La Zambie accueillera du 9 au 11 juillet le 37 ème Sommet de l'Organisation
de l'unité africaine (OUA) qui devra notamment entériner le passage de l'OUA
à l'Union Africaine (UA). Au menu des chefs d'Etats, l'élection d'un nouveau
secrétaire général, et le développement économique du continent.
Ce sommet ne devrait guère se prêter à la résolution des multiples conflits
qui émaillent le continent africain.
Pourtant, le travail ne manquerait pas sur ce chapitre.

Où sont les îles enchanteresses ?

N'en déplaise au président sénégalais qui rêve de grands projets transfrontaliers pour relancer le développement de l'Afrique, mais si l'on proposait aux Seychelles de construire un grand pont pour relier l'archipel au continent africain, parions que le gouvernement de Victoria refuserait.

Un rapide coup d'oeil sur une carte et l'on s'aperçoit vite que les rares pays qui ne sont pas en crise ou en guerre sont des îles : le Cap Vert, Madagascar, Maurice, Sao Tome þ Ironiquement, on pourrait en conclure que la mer fait office de protection en évitant aux pays insulaires d'être entraînés dans des conflits divers.
Et si pour nous démentir sur la tranquillité des îles, l'on nous parle des Comores, notons que justement, ces quatre îles, sans doute trop proches les unes des autres, n'arrivent pas à s'entendre, l'une d'elles, Anjouan, voulant mener sa route toute seule.
Comme depuis la création de l'OUA en 1963, la situation politique n'est guère reluisante pour la cinquantaine de pays membres de cette organisation à vocation unitaire.
L'Angola, le Soudan et le Burundi sont en proie à de terribles guerres civiles depuis des années. D'autres pays comme le Tchad ou le Sénégal doivent faire face à une rébellion armée aux motivations différentes : l'une pour s'emparer du pouvoir, l'autre pour acquérir l'indépendance d'une portion de territoire. Ailleurs, en Afrique centrale, c'est le chaos complet. Pas moins de six pays sont engagés dans le conflit en République démocratique du Congo : l'Angola, la Namibie, le Zimbabwe, du côté du gouvernement de Kinshasa: l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi, du côté des différents mouvements rebelles.
Que dire aussi de la Centrafrique qui vit une guerre civile qui cache encore son nom, et où l'on n'est pas loin d'entrer dans une phase d'épuration ethnique tant la chasse aux putschistes et à leurs présumés sympathisants prend des allures de chasse aux Yakomas, l'ethnie de l'ex-président Kolingba qui a raté son coup d'Etat.
Ne parlons pas de la Somalie, où les combats inter-claniques n'ont pas cessé, et qui se retrouve à l'heure actuelle avec quasiment deux gouvernements (voir pages intérieures).
Le conflit du Sahara occidental qui oppose le Maroc au Front Polisario dure depuis 26 ans.
Enfin pour conclure ce tableau bien sombre, la guerre civile sierra-léonaise a largement débordé de ses frontières, entraînant dans une guerre ouverte le Liberia et la Guinée.
Et si l'on en reste au strict plan politique, des pays comme la Côte d'Ivoire, les Comores ou le Togo sont dans une phase plus que critique, tant les tensions y sont vives.
Aussi, quand le président sénégalais Abdoulaye Wade appelle à la mise en route de vaste projets de développement transfrontaliers, on voit mal comment il compte y parvenir tant que l'Afrique restera dans une telle situation de conflit permanent.
"Il est grand temps que cessent les guerres fratricides et les nombreuses crises qui ne font que ternir l'image de notre continent, éloigner les investisseurs et reporter à l'infini les perspectives de développement", a déclaré tout récemment le général Eyadéma, l'actuel président en exercice de l'OUA. Des propos qui prêtent à sourire de la part du président du Togo, un pays mis au ban de la coopération par l'Union européenne et où les investisseurs ne viennent plus depuis bien longtemps.
Toujours cette même histoire du balai et de sa propre porte...


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