- Le sommet de
l'Organisation de l'Unité Africaine
(OUA) qui se tient du 9 au 11 juillet à
Lusaka en Zambie aura pour tâche de donner une
consistance à l'Union Africaine
(UA), dont l'acte constitutif est entré en
vigueur le 26 mai dernier. Proclamée le 2 mars
à Syrte (Libye), lors d'un sommet extraordinaire
de l'OUA, l'Union africaine a été
conçue sur le modèle de l'Union
européenne (UE) et doit, à terme, disposer
d'un organe "suprême" qui serait
l'assemblée, d'un exécutif (commission),
d'une banque centrale, d'un fonds monétaire, d'un
parlement, d'une cour de justice et d'un conseil
économique et social.
- L'acte constitutif de l'UA avait été
signé en juillet 2.000 à Lomé par 53
chefs d'Etat africains.
- Une période de transition doit durer au moins
un an avant que l'Union africaine ne devienne
opérationnelle.
-
- A Lusaka, les chefs d'Etat devront déterminer
"la forme, l'orientation et l'allure de l'Union
africaine", selon le secrétaire
général de l'OUA, Salim Ahmed Salim.
- Les chefs d'Etats devront fixer une date pour la
tenue de la première assemblée de l'Union
africaine. Cette assemblée pourra alors
"décider" de la création de la Commission
qui remplacera à terme le secrétariat
général.
- Le secrétaire général adjoint de
l'OUA pour les Affaires politiques, Saïd
Djinit, a d'ores et déjà formulé
l'espoir que le premier sommet de l'Union Africaine se
tienne à Pretoria en 2002. Ce jour-là
marquera la fin de l'OUA, créée en 1963, et
sa transformation définitive en Union Africaine.
- Tant que la Commission ne sera pas mise en place, le
secrétariat général perdurera
pendant une période de transition d'au moins un
an.
- Sur les 53 signataires de l'acte constitutif de l'UA,
41 pays l'ont ratifié, dont 37 ont
déposé les instruments de cette
ratification.
-
- Qui sera la tête de l'Union africaine
?
- L'actuel secrétaire général de
l'Organisation de l'Unité africaine (OUA), le
Tanzanien Salim Ahmed Salim, ayant renoncé
à se représente à la tête de
l'organisation panafricaine, trois candidats postulent
pour le poste de secrétaire général
de l'Organisation de l'unité africaine (OUA),
appelé à devenir après le sommet de
Lusaka (9 au 11 juillet) l'Union africaine (UA).
- Une période transitoire d'un an sera toutefois
observée avant que l'OUA ne disparaisse
complètement.
- Le futur secrétaire général sera
en fait le président de la Commission de l'Union
africaine, un poste dont les pouvoirs son encore flous.
- Salim Ahmed Salim était secrétaire
général de l'OUA depuis 1989.
-
- Trois candidat restent en lice, après le
retrait du Sénégalais Ibrahima Fall
(secrétaire général adjoint des
Nations Unies) : l'Ivoirien Amara Essy, le
Namibien Theo Ben Gurirab et le Guinéen
Lansana Kouyate.
- Amara Essy, ancien ministre des Affaires
étrangères sous le régime du
président Bédié, est appuyé
par son gouvernement. Il a été
président de l'Assemblée
générale des Nations Unies en 1994-95.
- Donné par certains comme favori, il pourrait
être recalé en raison de la très
mauvaise image de son pays vis à vis des Etats
musulmans qui n'apprécient guère cette
sorte de guerre de religion qu'est en train de vivre la
Côte d'Ivoire. Amara Essy est pourtant
lui-même musulman. Il bénéficie
déjà du soutien du Sénégal.
-
- Le Namibien Theo Ben Gurirab est l'actuel ministre
des Affaires étrangères de Namibie. Lui
aussi a présidé l'Assemblée
générale des Nations Unies, en 1999-2000.
Il est soutenu par l'Afrique du sud et pratiquement
l'ensemble des pays d'afrique australe.
- Dans une récent interview à Radio
France Internationale, il s'est montré comme un
fervent supporter du Front Polisario.
- Son handicap ? Peut-être l'implication de son
pays dans la guerre en République
démocratique du Congo.
-
- Le guinéen Lansana Kouyate fait presque figure
d'outsider. Il est actuellement secrétaire
général de la Communauté
économique des Etats d'Afrique de l'Ouest
(CEDEAO), et joue un rôle de plus en plus actif
pour tenter de résoudre le conflit
sous-régional qui oppose le Liberia, la
Guinée, et la Sierra Leone. Lansana Kouyate serait
soutenu par le Nigeria.
- Son handicap ? La mauvaise perception de la
Guinée par de nombreux régimes africains,
notamment en raison de la longue détention de
l'opposant Alpha Condé.
-
- A Lusaka, le président Wade
défendra son plan "Oméga" pour l'Afrique
- Le président sénégalais
Abdoulaye Wade va défendre devant ses pairs
africains son plan "Oméga" destiné à
faire décoller l'économie du continent
africain.
- L'Afrique du Sud, le Nigeria et l'Algérie ont
en effet proposé un autre plan, intitulé
"Programme de renaissance de l'Afrique pour le
millénaire (MARP)".
- "Nous arriverons à un document unique de
l'Afrique qui sera présenté aux Nations
unies au mois de septembre pour avoir le soutien de la
communauté internationale", a assuré
Abdoulaye Wade, lors de son récente séjour
à Paris.
- Le président sénégalais a retenu
quatre secteurs clés sur lesquels il estime qu'il
faudra évaluer les besoins avant d'obtenir le
financement de vastes projets: les infrastructures,
l'éducation, la santé et l'agriculture.
- Pour Wade, "le grand combat du plan Oméga est
d'ouvrir le marché africain dans son ensemble. Il
n'y a pas de développement possible dans de petits
espaces", estime-t-il.
- En résumé passer "du national au
transnational, c'est-à-dire à la
sous-région", martèle-t-il encore. Le
principal déficit de l'Afrique, selon lui,
réside dans l'absence d'infrastructures: routes,
aéroports, réseaux de communication.
- Le deuxième handicap concerne
l'éducation et la formation. "Sans formation,
dit-il, l'intelligence est une pièce vide".
- Pour M. Wade, les pays de la sous-région
doivent s'entendre pour développer des
universités complémentaires, et non
concurentes.
- Ce plan Oméga en appelle "aux pays riches du
continent, il y en a deux ou trois, avec des
réserves pétrolières. Nous allons
demander à ces pays qui placent leur argent
à l'étranger: investissez en une partie en
Afrique, en prêts, pas en dons".
-
- Deux délégations somaliennes
- Le CSRR, opposé au gouvernement de
transition,sera présent à Lusaka
- Une délégation de haut niveau du
Conseil somalien de réconciliation et de
restauration (CSRR), opposé au gouvernement
national de transition (GNT), se rendra à Lusaka
pour ce sommet de l'OUA, a annoncé à Addis
Abeba le président du CSRR Abdullahi Cheikh
Ismail.
- "Voici mon message aux dirigeants africains: s'il
vous plaît, mettez la paix et la
réconciliation plus la stabilité en Somalie
au-dessus de ceux qui cherchent le pouvoir", a
déclaré Abdullahi Cheikh Ismail,
également président du Mouvement national
du sud de la Somalie (SSNM), en pointant du doigt le GNT.
- Cette délégation du front commun
anti-GNT ne doit pas prendre directement part aux travaux
en session plénière.
- Outre le président du CSRR, la
délégation de cinq hommes comprendra
notamment le chef de guerre de Mogadiscio Hussein
Mohamed Aïdid et Mowlid Maan Mahmoud,
l'un des leaders de la communauté bantoue
somalienne et premier secrétaire du CSRR.
- "Nous allons à Lusaka délivrer le
message de notre engagement pour la paix aux Etats
membres de l'OUA", a-t-il insisté.
- Formé en août 2000 à la suite
d'une conférence de réconciliation tenue
à Arta (Djibouti), le gouvernement de transition
du président Abdoulkassim Salat Hassan est
soutenu par la communauté internationale mais
n'est pas reconnu par la plupart des chefs de faction et
des leaders régionaux, qui contrôlent une
grande partie de la Somalie.
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