N° 231
du 02/07/2001

OUA / UA (Union Africaine)


37 ème Sommet de l'OUA
Le sommet de Lusaka aura la tâche
de donner consistance à l'Union Africaine

Le sommet de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) qui se tient du 9 au 11 juillet à Lusaka en Zambie aura pour tâche de donner une consistance à l'Union Africaine (UA), dont l'acte constitutif est entré en vigueur le 26 mai dernier. Proclamée le 2 mars à Syrte (Libye), lors d'un sommet extraordinaire de l'OUA, l'Union africaine a été conçue sur le modèle de l'Union européenne (UE) et doit, à terme, disposer d'un organe "suprême" qui serait l'assemblée, d'un exécutif (commission), d'une banque centrale, d'un fonds monétaire, d'un parlement, d'une cour de justice et d'un conseil économique et social.
L'acte constitutif de l'UA avait été signé en juillet 2.000 à Lomé par 53 chefs d'Etat africains.
Une période de transition doit durer au moins un an avant que l'Union africaine ne devienne opérationnelle.
 
A Lusaka, les chefs d'Etat devront déterminer "la forme, l'orientation et l'allure de l'Union africaine", selon le secrétaire général de l'OUA, Salim Ahmed Salim.
Les chefs d'Etats devront fixer une date pour la tenue de la première assemblée de l'Union africaine. Cette assemblée pourra alors "décider" de la création de la Commission qui remplacera à terme le secrétariat général.
Le secrétaire général adjoint de l'OUA pour les Affaires politiques, Saïd Djinit, a d'ores et déjà formulé l'espoir que le premier sommet de l'Union Africaine se tienne à Pretoria en 2002. Ce jour-là marquera la fin de l'OUA, créée en 1963, et sa transformation définitive en Union Africaine.
Tant que la Commission ne sera pas mise en place, le secrétariat général perdurera pendant une période de transition d'au moins un an.
Sur les 53 signataires de l'acte constitutif de l'UA, 41 pays l'ont ratifié, dont 37 ont déposé les instruments de cette ratification.
 
Qui sera la tête de l'Union africaine ?
L'actuel secrétaire général de l'Organisation de l'Unité africaine (OUA), le Tanzanien Salim Ahmed Salim, ayant renoncé à se représente à la tête de l'organisation panafricaine, trois candidats postulent pour le poste de secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), appelé à devenir après le sommet de Lusaka (9 au 11 juillet) l'Union africaine (UA).
Une période transitoire d'un an sera toutefois observée avant que l'OUA ne disparaisse complètement.
Le futur secrétaire général sera en fait le président de la Commission de l'Union africaine, un poste dont les pouvoirs son encore flous.
Salim Ahmed Salim était secrétaire général de l'OUA depuis 1989.
 
Trois candidat restent en lice, après le retrait du Sénégalais Ibrahima Fall (secrétaire général adjoint des Nations Unies) : l'Ivoirien Amara Essy, le Namibien Theo Ben Gurirab et le Guinéen Lansana Kouyate.
Amara Essy, ancien ministre des Affaires étrangères sous le régime du président Bédié, est appuyé par son gouvernement. Il a été président de l'Assemblée générale des Nations Unies en 1994-95.
Donné par certains comme favori, il pourrait être recalé en raison de la très mauvaise image de son pays vis à vis des Etats musulmans qui n'apprécient guère cette sorte de guerre de religion qu'est en train de vivre la Côte d'Ivoire. Amara Essy est pourtant lui-même musulman. Il bénéficie déjà du soutien du Sénégal.
 
Le Namibien Theo Ben Gurirab est l'actuel ministre des Affaires étrangères de Namibie. Lui aussi a présidé l'Assemblée générale des Nations Unies, en 1999-2000. Il est soutenu par l'Afrique du sud et pratiquement l'ensemble des pays d'afrique australe.
Dans une récent interview à Radio France Internationale, il s'est montré comme un fervent supporter du Front Polisario.
Son handicap ? Peut-être l'implication de son pays dans la guerre en République démocratique du Congo.
 
Le guinéen Lansana Kouyate fait presque figure d'outsider. Il est actuellement secrétaire général de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), et joue un rôle de plus en plus actif pour tenter de résoudre le conflit sous-régional qui oppose le Liberia, la Guinée, et la Sierra Leone. Lansana Kouyate serait soutenu par le Nigeria.
Son handicap ? La mauvaise perception de la Guinée par de nombreux régimes africains, notamment en raison de la longue détention de l'opposant Alpha Condé.
 
A Lusaka, le président Wade défendra son plan "Oméga" pour l'Afrique
Le président sénégalais Abdoulaye Wade va défendre devant ses pairs africains son plan "Oméga" destiné à faire décoller l'économie du continent africain.
L'Afrique du Sud, le Nigeria et l'Algérie ont en effet proposé un autre plan, intitulé "Programme de renaissance de l'Afrique pour le millénaire (MARP)".
"Nous arriverons à un document unique de l'Afrique qui sera présenté aux Nations unies au mois de septembre pour avoir le soutien de la communauté internationale", a assuré Abdoulaye Wade, lors de son récente séjour à Paris.
Le président sénégalais a retenu quatre secteurs clés sur lesquels il estime qu'il faudra évaluer les besoins avant d'obtenir le financement de vastes projets: les infrastructures, l'éducation, la santé et l'agriculture.
Pour Wade, "le grand combat du plan Oméga est d'ouvrir le marché africain dans son ensemble. Il n'y a pas de développement possible dans de petits espaces", estime-t-il.
En résumé passer "du national au transnational, c'est-à-dire à la sous-région", martèle-t-il encore. Le principal déficit de l'Afrique, selon lui, réside dans l'absence d'infrastructures: routes, aéroports, réseaux de communication.
Le deuxième handicap concerne l'éducation et la formation. "Sans formation, dit-il, l'intelligence est une pièce vide".
Pour M. Wade, les pays de la sous-région doivent s'entendre pour développer des universités complémentaires, et non concurentes.
Ce plan Oméga en appelle "aux pays riches du continent, il y en a deux ou trois, avec des réserves pétrolières. Nous allons demander à ces pays qui placent leur argent à l'étranger: investissez en une partie en Afrique, en prêts, pas en dons".
 
Deux délégations somaliennes
Le CSRR, opposé au gouvernement de transition,sera présent à Lusaka
Une délégation de haut niveau du Conseil somalien de réconciliation et de restauration (CSRR), opposé au gouvernement national de transition (GNT), se rendra à Lusaka pour ce sommet de l'OUA, a annoncé à Addis Abeba le président du CSRR Abdullahi Cheikh Ismail.
"Voici mon message aux dirigeants africains: s'il vous plaît, mettez la paix et la réconciliation plus la stabilité en Somalie au-dessus de ceux qui cherchent le pouvoir", a déclaré Abdullahi Cheikh Ismail, également président du Mouvement national du sud de la Somalie (SSNM), en pointant du doigt le GNT.
Cette délégation du front commun anti-GNT ne doit pas prendre directement part aux travaux en session plénière.
Outre le président du CSRR, la délégation de cinq hommes comprendra notamment le chef de guerre de Mogadiscio Hussein Mohamed Aïdid et Mowlid Maan Mahmoud, l'un des leaders de la communauté bantoue somalienne et premier secrétaire du CSRR.
"Nous allons à Lusaka délivrer le message de notre engagement pour la paix aux Etats membres de l'OUA", a-t-il insisté.
Formé en août 2000 à la suite d'une conférence de réconciliation tenue à Arta (Djibouti), le gouvernement de transition du président Abdoulkassim Salat Hassan est soutenu par la communauté internationale mais n'est pas reconnu par la plupart des chefs de faction et des leaders régionaux, qui contrôlent une grande partie de la Somalie.


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